Object: L'évolution industrielle de la Belgique

FORMATION DU PROLÉTARIAT 
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du travail agricole et l’excès du nombre des cultiva 
teurs, lorsqu’on le compare à la superficie cultivable 
de ces provinces » (1). 
Cet excès de population entraina une hausse inouïe 
du fermage. Les fermiers ne consentaient à sous-louer 
qu’à des prix tellement élevés que le sous-locataire n'y 
pouvait trouver la rémunération de ses travaux. « Les 
ouvriers se résignent en conséquence, dit en 1857 Henxau 
à prendre à loyer des terres détachées, exposées en 
hausse publique par les institutions de bienfaisance, 
les fabriques d’église et les propriétaires, dont un grand 
nombre afferment leurs terres en détail. La concur 
rence, la jalousie, la nécessité font alors monter des 
parcelles à des taux exorbitants. On ne s’inquiète guère 
sous le feu croisé si l’on pourra payer ou non « (2). 
Des ruines nombreuses et une prolétarisation de la 
classe des petits fermiers en furent la conséquence. 
De 1818 à 1847, le nombre de cultivateurs portés 
sur les listes des bureaux de bienfaisance avait aug 
menté de 21.607 à 35,990 f3). 
C’est parmi ces éléments, auxquels l’agriculture ne 
pouvait plus fournir les moyens d’existence et qui 
étaient devenus des mendiants et des vagabonds, que 
l’industrie recrutait ses ouvriers. ^ Si on considère, 
écrivait Bai m ens vers 1820, que ces 21,910 personnes 
(1) Ducpétiaux. Le paupérisme, 1. c. p. 57. 
(2) Hknnau Recherches sur 1rs causes de la criminalité à Liège (Bulle 
tin de la Commission centrale de statistique, 1847. v. III. p. 193) Pour le 
développement ultérieur de la crise agricole et son influence sur 
l’exode rural, voir Vandervei.de. L’exode rural, 1. c. p. 94 ss. 
(3) Ducpétiaux. Le paupérisme, 1. c. p. 57-
	        
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