Full text : L'évolution industrielle de la Belgique

LA  CONCENTRATION  INDUSTRIELLE

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double  de  ce  qu’on  lui  demande  dans  un  autre  magasin. ­
  C’est  elle  qui  est  l’ennemie  la  plus  dangereuse  des
formes  nouvelles  de  production  et  de  commerce.  «  Tout
d’abord,  dit  Gide  en  parlant  des  coopératives,  nous
avons  comme  ennemis  naturels  les  dames.  Elles  ne
nous  aiment  ou  du  moins  n’aiment  pas  nos  magasins.
Elles  préfèrent  le  magasin  public  qui  est  plus  élégant, ­
  où  les  employés  sont  plus  prévenants,  où  l’on
peut  faire  la  causette  sans  liâte.  Et  puis  le  «  livret  »
les  offusque.  Cette  façon  d’inscrire  chaque  sou  qu’elles
dépensent  sur  un  carnet  qu’elles  doivent  apporter  et
rapporter  à  la  maison,  leur  paraît  attenter  à  leur  dignité ­
  »  (1).
Disons  qu’avec  le  développement  des  coopératives,
des  grands  magasins  envoyant  leurs  catalogues,  l’esprit ­
  rationaliste  a  augmenté.  Les  consommateurs  se
sont  groupés  en  ligues  d’acheteurs,  ils  comparent  les
prix  des  différentes  maisons,  etc.  Malgré  cela  ils  sont
encore  aujourd’hui  1  élément  le  moins  rationaliste.
Le  commerçant  exerce  sur  le  marchand  en  gros  une
pression  toute  différente  de  celle  qu’il  subit  de  la  part
du  consommateur  Notamment,  les  grandes  maisons  de
détail,  comme  Delhaize  en  Belgique,  possédant  des
magasins  presqu’à  chaque  coin  de  rue,  peuvent  dicter
leurs  conditions  au  fabricant  ou  au  marchand  en  gros.
Ils  possèdent  une  connaissance  approfondie  de  la  qualité
et  du  prix  des  marchandises,  et  font  leurs  calculs  avec  un

(1)  Ch.  Gide:  La  Coopération.  Conférences  de  propagande.  1900,  p.  168.
            
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