LES QUESTIONS FONDAMENTALES DU MARXISME ‘35
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inévitable de l’état de choses existant ; parce qu’elle consi-
dère toute forme sous l’aspect du mouvement, par con-
Séquent aussi sous son aspect transitoire ; parce qu’elle
Ne s’incline devant rien et qu’elle est, par son essence, cri-
tique et révolutionnaire »
Si l’on considère la dialectique matérialiste du point de
vue de la littérature russe, on peut dire que cette dialecti-
que fut la première qui fournit une méthode nécessaire et
Suffisante pour la solution de la question du caractère ras
tionnel de tout ce qui est, question qui avait tant tourmenté
notre génial Biélinski (*). Seule, la méthode dialectique de
Marx, appliquée à l’étude de la vie russe, nous a montré ce
qu’il y avait de réel dans cette dernière et ce qui semblait
seulement l’être.
VI
Lorsque nous abordons l’interprétation matérialiste de
l’histoire, nous nous heurtons tout d’abord, comme nous
l’avons vu, à la question de savoir où sont les véritables
causes du développement des rapports sociaux. Nous savons
déjà que l’ « anatomie de la société civile » est déterminée
par l’économie de cette dernière. Mais par quoi cette éco-
Nnomie elle-même est-elle déterminée ?
À cela Marx répond : « Dans la production sociale de
leur vie, les hommes se trouvent liés par certains rapports
indispensables, indépendants de leur volonté, par des rap-
Ports de production, qui correspondent à un degré déter-
Miné de l’évolution de leurs forces productives matérielles.
3 L’ensemble de ces rapports de production constitue la
a Structure économique de la société, le fondement réel sur
3 lequel s’élève la superstructure juridique et politique » (**).
; Cette réponse de Marx réduit ainsi toute la question du
ù développement de l’économie à celle des causes qui condi-
; tionnent le développement des forces productives de la
Société. Et sous cette dernière forme, la question se résout
() Voir notre article « Biélinski et la réalité rationnelle », dans
= le recueil Vingt années (Œuvres, t. X).
(*) Voir la préface au livre Zur Kritik der politischen Oekonomie,