3yG LE PROnLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
4JIIC cliaque cJianje réalise un liénéfice brut de 4o,oüo ir.,
c’est doue un impôt annuel de 820,000 fr. que doivent suj)-
porter les marchandises importées ou exportées par le port
de Rouen, C’est, étendu dans tous les ports, un inqiôt de
plusieurs millions de Iran es prélevé sur l’armement français.
Quant à l’iitilité de l’institution, on la cherche. Il existe, en
France même, des ports qui ne sont pourvus ni de courtiers
maritimes ni d’interprètes jurés et où les opérations de
douane ne s’accomplissent pourtant ni moins vite ni moins
réqulièrement qu’ailleurs. En Anqleterre, en Allemaqne, en
Italie, aux Pays-Bas, en Belqique, etc., le courtaqe est libre.
Le Conseil d’Etat a fait, en i864, une empiète qui démontra
la parfaite inutilité de ces charqes. Nous les avons tout (h;
même précieusement conservées. L’heure est venue de se
débarrasser de ce monopole encombrant et parasitaire.
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Le pilotage — dont la réqlementation est plus récente
que celle du courtaqe, bien qu’elle remonte au décret légis
latif du 12 décembre 1806 — aurait plus de raison d’être :
le pilote rend, en effet, à la navigation d’incontestables ser
vices; c’est lui ([ui assiste les capitaines de navires à leur
arrivée, leur départ ou leur passage dans un port et qui
assure la manœuvre du vaisseau. Mais d’une institution
utile en soi, le décret de 1806 a fait un monopole gênant
pour la marine. Les pilotes ont seuls, en effet, le droit de
Xamarrage dans l’étendue de leur station, et si l’on se passe
d’eux, c’est la prison et l’amende que l’on encourt ! Tout
bâtiment à voiles de plus de 80 tonneaux, ou à vapeur de
plus de 100 tonneaux, et même tout navire de tonnage infé
rieur qui lie fait pas habituellement la navigation de port à
port, doit appeler le pilote, le prendre lorsqu’il en a le moyen