112 ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE
sidérables : outre deux grandes tanneries à Gand, il y
en avait une très importante à Passy près Paris, dans
l’ancien couvent des Bonshommes. La maison Bauwens
était également chargée des grandes livraisons de cuirs
pour les armées françaises, notamment pour celle de
Sambre et Meuse commandée par le général Hoche en
1795 ; elle était aussi cessionuaire des fermages et reve
nus des domaines nationaux de toute nature dans les
neufs départements réunis en 1796. (1)
Grâce à l’introduction de la mule-jenny dans l’indus
trie cotonnière, Bauwens acquit une fortune immense.
Sa famille avait à Paris sept palais, parmi lesquels
celui de Richelieu entretenu à grands frais. (2)
Toute cette fortune s’évanouit, comme elle s’était \ consti
tuée, avec l’aigle impérial (2).
Les biens de Liévin Bauwens furent exposés en vente
en 1814, à la requête d’un chambellan de l’empereur.
Quelques jours plus tard, poursuivi par trois huissiers
qui avaient mission de le conduire en prison, il s’en
fuit à Paris. Les fondateurs du tissage mécanique, les
frères Lousbergs, furent aussi déclarés en faillite (3).
Les industriels de Gand succombèrent à une crise
politique. D’autres échouèrent dès les débuts, à cause
de leur peu de ressources.
L’histoire des grandes entreprises belges nous ensei
gne qu’elles végétèrent, aussi longtemps qu’elles se trou
vèrent entre les mains de gens ne possédant - que de
(1) N. De Pauw. Liévin Bauwens, 1. c. p. 10.
(2) L. Varlez, 1. c. v. I. p. 280.
(3) Ib. p. 36.