Full text: La Hongrie de l'Adriatique au Danube

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LA HONGRIE 
magyare se retrouve tout entier dans le premier; l ame antique des grands 
citoyens de Sparte et de Home anime le second. L’un jette des éclairs et 
éblouit ; l’autre brille comme une calme lumière, et rayonne. Avec un désin 
téressement rare, le comte Étienne Széchenvi consacra sa vie et sa fortune aux 
progrès matériels et moraux de son pays; à la tète de toutes les réformes, 
de toutes les améliorations sociales, il fit même, lui, le représentant de la 
noblesse, cause commune avec le gouvernement révolutionnaire, afin de 
tempérer l’ardeur des novateurs et de les guider de scs conseils. « Que 
pensera Széchenvi ? » se demandait-on chaque fois qu’on prenait une 
mesure radicale. 
Széchenvi est, avec Deak, le fondateur du grand parti libéral hongrois. 
L’est lui qui proposa, lors de la construction du pont suspendu entre 
l'est et Ilude, de soumettre indistinctement tout le monde au péage; jus 
qu'alors, les nobles, qu’ils fussent paysans ou barons, avaient toujours été 
exemptés de ces sortes de taxes. 
Lorsque la loi eut été votée par la Chambre haute, le chef suprême de 
la justice déclara que, pour lui, il ne passerait jamais sur ce pont, « dont 
b érection était h? signal de la ruine de la noblesse» . 
Le comte Széchenyi fut le premier qui réveilla le sentiment national de 
»es compatriotes; il donna l’impulsion à ce magnifique élan de patriotisme 
qui a fait de la Hongrie une terre libre, et de Pest une capitale digne des 
anciens rois magyars. 
Franz Deak, mort en 1870, avait été surnommé le sage, le « Salomon 
de la Hongrie » . Jurisconsulte distingué, il modifia, selon les dispositions 
et les besoins de l’époque, le code pénal de son pays'; député, il devint 
chef de l’opposition. Le premier, il osa proposer d imposer les biens de 
la noblesse, qui jusqu’alors avait été à l’abri de tout impôt. En 1848, 
il accepta le portefeuille de la justice, mais resta étranger aux luttes 
de parti; il plaida sans se lasser la réconciliation avec P Autriche. Quand 
Kossuth arriva au pouvoir, Deak se retira dans la vie privée. En 1861, la 
ville de Pest l’envoya au Reichstag; et ce fut alors que Deak rédigea cette 
série d adresses à 1 empereur d Autriche, restées mémorables dans 1 histoire 
de Hongrie. Après la défaite de Sadowa, on le vit venir à Vienne et jeter 
les bases du compromis qui, l’année suivante, devait rendre à la Hongrie 
son autonomie et diviser l’empire en deux parties distinctes : la Cisleitha- 
nie et la Transleithanie. On sait que la Leitha, affluent du Danube, sert 
de limites à la Hongrie et à l’Autriche. 
Deak, qui avait groupé autour de lui la majorité parlementaire en un 
grand parti auquel il avait donné son nom, refusa toujours obstinément If
	        
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