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dans les, conditions qui comportent une bonification (Applau-
dissements).
Au surplus, courage pour courage, ne poussons pas les cho-
ses trop loin et ne demandons d’être des héros ni à ceux qui
portent la robe du magistrat, la toge de l’avocat, ni à ceux
qui seront demain vos arbitres.
En tous cas, il ne me paraît pas douteux — et j'en aurai
lerminé avec ce chapitre qui est pour ainsi dire antérieur à
celui que je voulais traiter devant vous — il n’est pas douteux
qu’au point de vue de la célérité, au point de vue des frais,
même de la discrétion, voire de la compétence, l’arbitrage est
In instrument merveilleux qui permet de se faire rendre
justice rapidement sans exposer des sommes considérables
pour le paiement des frais judiciaires, sans craindre encore
jue la marchandise, pendant que l’affaire se discute, ne dépé-
‘isse, sans avoir à redouter que le magistrat lui-même, ayant
reconnu la nature des faits, déclare qu’il y a lieu de désigner
un expert, sans redouter que cet expert mette des mois et des
mois à faire connaître son rapport.
L’arbitrage, d’ailleurs, a fait ses preuves. Il existe dans le
nonde entier à l’exception d’un ou deux pays lointains. Par-
lout, il a produit d’excellents effets. En tout cas — et ceci est
déjà un premier résultat certain sur lequel il est permis de
zompter — il débloquera le rôle des Tribunaux de Commerce
et nous ne serons plus les uns et les autres obligés de subir
l'encombrement du rôle qui nous oblige à attendre pendant
des années entières que justice nous soit rendue (Applaudis-
sements). ;
Et maintenant, mes chers collègues, j’aborde le chapitre 2,
celui des objections et des critiques que j'ai vu formuler quant
à la mise en pratique de la nouvelle loi.
Je fais en particulier allusion, pour leur rendre hommage,
à des travaux très intéressants de l’éminent jurisconsulte
M. Ripert, de M. F. Dufour, le distingué collaborateur du Séma-
phore de Marseille, de M. l’avoué Perrin, que je salue comme
un ami de la première heure, homme sage qui s’efforce aussi
bien de reconnaître les vérités que les erreurs, et enfin du
Président du Tribunal de Commerce de cette ville, M. Labus-
sière, qui, je crois — car j'ai suivi ces questions d’assez près
— lors d’un discours inaugural de ses fonctions fit, avec cette
autorité et ce talent que nous lui connaissons tous, l’éloge de
l’arbitrage commercial : il exposa plus tard un certain nombre