CHAPITRE III
L’EMPIRÉ ROMAIN D'ORIENT ET LA RÉSTAURATION
ÉCONOMIQUE FT SOCIALE DE L'EUROPE DU V2 AU
Xe SIÈCLE. -LA COLONISATION ET LA PRODUCTION
AGRICOLE. LA RÉPARTITION DE LA PROPRIÉTÉ ET
LES CLASSES RURALES EN EUROPÉ ORIENTALE.
La supériorité de l’organisation de l'Empire byzantin.
— L’asile privilégié de la civilisation pendant les six
premiers siècles de cette période, celui où l'organisation
du travail retrouva le plus de stabilité et de puissance, fut
l’Empire d’Orient. Mieux protégé par sa situation géogra-
phique et surtout par l’armature presque intacte qu’il
hérita de l’État romain et qu’il perfectionna, il brava pen-
dant mille ans les efforts de la barbarie. Avec une vitalité
merveilleuse, il sut réparer ses défaites ; amputé de ses
dépendances africaines, gyriennes, danubiennes, occiden-
tales, il se replia sur lui-même pour trouver dans la concen-
tration de ses forces, un nouvel élément de solidité. Pen-
dant six cents ans, avec des intervalles de décadence
suivis d’éclatants retours de prospérité, dont le plus
remarquable dura plus de trois siècles (vrrre-x1°), il se
défend contre la nuit et la ruine. Sa civilisation élégante
et raffinée lui permet de servir d’initiateur aux popula-
tions barbares de l'Orient et d’éducateur à celles de l’Occi-
dent, d’échapper à l’anarchie continue où, se débat ce
dernier. Il réussit le premier à reconstituer une véritable
nationalité hellénique, fondée sinon sur l’unité de race