Full text: Compte rendu des travaux de la Chambre Syndicale pendant lʹannée 1926

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Il suffirait que les détenteurs de billets manquant de 
confiance aillent chercher l’or correspondant et le conservent. 
La circulation ayant ses nécessités matérielles, la Banque 
devrait émettre d’autres billets qui seraient eux sans couver- 
ture. 
L'opération, même faite avec un maximum de garantie, reste 
donc une opération de crédit toujours aléatoire, tant qu’une 
longue période de calme n’aurà pas réhabitué les esprits à la 
confiance totale envers la monnaie de papier. 
Les risques politiques s’ajoutent aux difficultés purement 
financières : la situation vous donne-t-elle une impression de 
sécurité définitive telle que des engagements illimités d’échange 
du billet contre de l’or puissent être pris ? Que seraient les 
élections de demain ? Les réserves jugées suffisantes en telle 
hypothèse, le seront-clles dans telle autre ? 
Résumons d’un mot, en rappelant que l’échange contre l’or 
ne constitue nullement en soi une stabilisation définitive, Les 
spéculateurs de change du monde. entier soupèseront pendant 
des années la situation de la balance des paiements et de la 
capacité budgétaire du Pays et si leur opinion moyenne est 
que le taux de stabilisation est fixé trop bas, c’est-à-dire que 
l’or est vendu en France bon marché, il n’est pas de réserves 
qui puissent tenir pour défendre un taux bien à tort jugé 
définitif. 
Injustice, — Mais supposons ce tour de force accompli, il 
n’en reste pas moins la monumentale injustice d’une pareille 
méthode. 
Soit, l’Etat est actuellement en état de faillite virtuelle 
puisqu’il ne peut; de toute évidence, prélever des impôts suffi- 
sants pour payer en or les arrérages de sa dette. Mais pourquoi 
rendre définitive cette faillite, consacrant ainsi la ruine de la 
partie peut-être la plus spécifiquement française de la Nation ? 
Et aussi pourquoi joindre la faillite des particuliers à celle 
de l’Etat ? Combien de dizaines de milliards-or ont-ils été réel- 
lement placés en or, c’est-à-dire en matières ? Les dépréciations 
accentuées du franc datent de 1922 ou 1923. Les engagements 
pris depuis 4 ans, sont peu de chose dans l’ensemble de la vie 
de la Nation. 
Un propriétaire d'immeuble a emprunté sur hypothèque 
100.000 francs-or, sa maison a conservé à peu de chose 
7. STABILISATION OU REVALORISATION
	        
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