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Il suffirait que les détenteurs de billets manquant de
confiance aillent chercher l’or correspondant et le conservent.
La circulation ayant ses nécessités matérielles, la Banque
devrait émettre d’autres billets qui seraient eux sans couver-
ture.
L'opération, même faite avec un maximum de garantie, reste
donc une opération de crédit toujours aléatoire, tant qu’une
longue période de calme n’aurà pas réhabitué les esprits à la
confiance totale envers la monnaie de papier.
Les risques politiques s’ajoutent aux difficultés purement
financières : la situation vous donne-t-elle une impression de
sécurité définitive telle que des engagements illimités d’échange
du billet contre de l’or puissent être pris ? Que seraient les
élections de demain ? Les réserves jugées suffisantes en telle
hypothèse, le seront-clles dans telle autre ?
Résumons d’un mot, en rappelant que l’échange contre l’or
ne constitue nullement en soi une stabilisation définitive, Les
spéculateurs de change du monde. entier soupèseront pendant
des années la situation de la balance des paiements et de la
capacité budgétaire du Pays et si leur opinion moyenne est
que le taux de stabilisation est fixé trop bas, c’est-à-dire que
l’or est vendu en France bon marché, il n’est pas de réserves
qui puissent tenir pour défendre un taux bien à tort jugé
définitif.
Injustice, — Mais supposons ce tour de force accompli, il
n’en reste pas moins la monumentale injustice d’une pareille
méthode.
Soit, l’Etat est actuellement en état de faillite virtuelle
puisqu’il ne peut; de toute évidence, prélever des impôts suffi-
sants pour payer en or les arrérages de sa dette. Mais pourquoi
rendre définitive cette faillite, consacrant ainsi la ruine de la
partie peut-être la plus spécifiquement française de la Nation ?
Et aussi pourquoi joindre la faillite des particuliers à celle
de l’Etat ? Combien de dizaines de milliards-or ont-ils été réel-
lement placés en or, c’est-à-dire en matières ? Les dépréciations
accentuées du franc datent de 1922 ou 1923. Les engagements
pris depuis 4 ans, sont peu de chose dans l’ensemble de la vie
de la Nation.
Un propriétaire d'immeuble a emprunté sur hypothèque
100.000 francs-or, sa maison a conservé à peu de chose
7. STABILISATION OU REVALORISATION