sées ?… Cependant nous sommes des hommes à qui on recon-
naît la capacité de vendre, d’acheter, d’aliéner, de prendre part
à des réunions commerciales et industrielles importantes, sans
clauses manuscrites. Faisons sa part à l’expérience ; ne nous
croyons pas toujours dans notre pays, liés aux vieilles tradi-
tions de Droit écrit qui ont eu, certes, je n’en disconviens pas,
leur grandeur, ni astreints aux formalités solennelles et for-
melles, mais plaçons-nous donc au moment où nous vivons,
celui du téléphone, du télégraphe, de la T. S. F., suivons le
progrès, ne demandons pas à notre pays de rester dans une
immobilité constante, laissez-le s’adapter aux nécessités moder-
aes. Si la clause compromissoire a des inconvénients, mais
s’est le coût de toute découverte, la rançon de toute amélioration
humaine. Abandonnez à ces honorables négociants et indus-
triels le droit de se débrouiller tout seuls, donnez-leur l’habi-
tude de raisonner leurs affaires ; que le citoyen comme le
négociant ne s'adresse pas toujours au Conseil d’Etat pour un
décret d’administration publique, aux magistrats pour résoudre
les différends, à la Chambre pour faire de lois où les amende-
ments s'amoncellent de telle façon qu’on ne peut plus com-
prendre ce qu’elles veulent dire. De grâce, respectez nos
-nitiatives, laissez-nous travailler en paix (Applaudissements).
Croyez-vous, Messieurs, — j'avoue mon crime — que ce n’est
pas en parfaite connaissance de cause, appartenant à cette
époque à un milieu parlementaire que je respecte d’autant plus
que j'y rentrerai peut-être un jour (Sourires) ; croyez-vous,
dis-je, que si j'avais fait une proposition de loi où il y aurait
eu Un grand nombre d'articles — au lieu de la rédaction en
trois lignes — la réforme aurait fini par passer ?…. Non Mes-
sieurs, elle serait encore en panne au Parlement. Pour éviter
ce risque nous avons demandé une seule chose : « Le droit de
s'engager à déférer à des arbitres les difficultés ultérieures ».
Ayant procédé par l’affirmation d’un prineipe, nous nous
sommes conformés à l’esprit de la Constitution, au rôle du
législateur ; celui-ci devrait se contenter de voter certains
principes, et s’en remettre ensuite, pour leur application pra-
‘ique, à des règlements professionnels, faisant confiance au
son sens des populations beaucoup plus fréquent que le bon
sens des élus (Sourires et applaudissements).
Et puis, il y a eu — c’est une primeur que je vous apporte
-— Un coup de la dernière heure. Jusqu’à présent nous
croyions tous dire la vérité lorsque nous proclamions que
9. LA CLAUSE COMPROMISSOIRE