Object: La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

L’INTERVENTION EUROPÉENNE. 
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la guerre à la délivrance de la Grèce. Elles s’entendirent 
pour hâter l’expulsion des Égyptiens de la Morée et signè 
rent à cet effet le protocole du 19 juillet 1828: le gouver 
nement français refusa d’en laisser le soin aux Anglais, à 
cause de leur situation aux îles Ioniennes ; le gouverne 
ment anglais admit que la France s'en chargeât seule. 
Quinze jours après, trois brigades, composées de 14.000 
hommes, furent embarquées à Toulon, sous le commande 
ment du général Maison. Le 29 août, elles parurent devant 
Navarin. Un consul anglais, au nom de son gouvernement, 
prétendit retarder le débarquement, sous prétexte que l’ami 
ral anglais Sir Pulteney Malcolm était parti pour Alexandrie, 
afin d’obtenir du pacha d’Égypte qu'il rappelât de son gré 
son fils Ibrahim, ce qui rendrait l’intervention française 
inutile ; le pacha y consentit en effet et signa en ce sens le 
6 août la convention d’Alexandrie. 
Cependant, le général Maison, ne connaissant que les 
instructions de son gouvernement, mit ses troupes à terre 
dans la rade de Modon. Il entra en rapports avec Ibrahim, 
s’entendit bientôt avec lui, et le départ des Égyptiens fut 
fixé au 9 septembre. Pendant ces quelques jours, les rela 
tions furent très amicales entre les Égyptiens et les Fran 
çais, entre Maison et Ibrahim. Celui-ci fut reçu au camp 
français, y assista à une grande revue, admira en particu 
lier la tenue du 3® régiment de chasseurs à cheval, donna 
son sabre au colonel; il s’entretint familièrement avec les 
officiers, demandant, non sans malice, pourquoi les Fran 
çais, après avoir été faire des esclaves en Espagne en 1823, 
venaient maintenant en Grèce faire des hommes libres. 
Mais, en quittant les places fortes de la Morée, il les avait 
remises à des garnisons turques, qui refusèrent de les aban 
donner sans ordre du sultan. Maison dut y conduire sa petite 
armée; d’ailleurs, aux premières sommations, les Turcs 
cédèrent leurs forteresses, et les Français prirent ainsi pos 
session de Navarin, Coron, Patras, Tripolitza ; il fallut pour 
tant ouvrir une brèche dans les murailles du château de 
Modon, tirer quelques coups de canon, menacer d’un assaut, 
pour en faire sortir les Turcs; il y eut 25 Français tués. En 
quelques jours, la Morée fut tout entière délivrée ; le gou 
vernement de Charles X put se féliciter de son intervention : 
Maison fut fait maréchal de France. 
Il n’était pas aussi facile d’arrêter les Russes, qui trou 
vaient l’occasion bonne d’avancer le règlement de la ques-
	        
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