Full text: Compte rendu des travaux de la Chambre Syndicale pendant lʹannée 1926

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Société, suivant une ligne étroitement adaptée au processus de 
l’activité marseillaise et du monde contemporain. 
Autrefois libre-échangistes théoriques et pratiques, comme le 
zomportait l’intérêt dominant d’une cité presque exclusivement 
commerciale, une des grandes gares de triage du monde, vivant 
du transit et de la consignation, nous ne pouvons plus nous 
cantonner sur la même position absolue. Chez nous, les mêmes 
intérêts subsistent, mais à côté d’eux s’est développée une 
zomplexe et active vie industrielle qui vient compléter notre 
activité commerciale millénaire. 
Enfin, le monde entier, préoccupé souvent, hélas, de l’aspect 
militaire des problèmes économiques, a adopté une attitude 
presque générale de protectionnisme qui assimilerait au suicide 
le fait pour une nation de s’orienter vers un libre-échangisme 
isolé, véritable marché de dupe. 
Mais de notre ancienne position et de la position spéciale de 
ia cité, notre Société a conservé dans sa lente évolution le 
principe de la modération douanière et de l’activité des 
*changes. 
Les tarifs doivent avoir pour résultats de compenser les 
inégalités inévitables dans les prix de revient du même pro- 
duit entre diverses nations, de façon à permettre le jeu d’une 
utile concurrence el un maximum d’échanges. Ils doivent lais- 
ser entièrement libre la circulation des matières premières 
sous peine de conduire aux pires complications internationales. 
Sur cette thèse de la modération douanière, nous nous som- 
nes trouvés en plein accord avec-un groupement nouveau qui 
s'était constitué récemment à Paris avec un programme pres- 
que identique : le Comité d’Action Economique et Douanière, 
présidé par M. Dal Piaz, armateur, c’est-à-dire échangiste par 
léfinition, et dirigé par M. Elbel, qui habita Marseille, et dont 
nous avons apprécié au Ministère du Commerce, où il fut 
sous-directeur, la haute valeur. ; 
M, Elbel a bien voulu nous donner, le 26 mars 1926, une 
conférence sur l’état de la politique douanière de la France 
qui a été fort goûtée (1); il a été, depuis, pour nous un informa- 
teur obligeant et un conseiller avisé. 
Comme la réforme douanière est, par nécessité, une œuvre 
longue, nous nous sommes ralliés à la mesure provisoire que 
constituait la loi du 7 mai élevant les droits de douane de 30 %.. 
1) V. Ann. x1, p. 185.
	        
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