Contents: Le secours de chômage en Belgique pendant l'occupation Allemande

46 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L'OCCUPATION ALLEMANDE 
habitués à organiser un contrôle efficace contre la fraude. Là où n’exis- 
taient pas des Fonds de Chômage, la commune, intéressée également 
le remplacerait de même qu’elle interviendrait en faveur des non- 
syndiqués. 
C’est ce point de vue qui prévalut. 
On discuta longuement également le rôle respectif des Comités 
provinciaux et des communes. On avait écarté celles-ci de la distri- 
bution des secours ordinaires, il fallait que les comités locaux à créer 
prissent la chose en main complètement. Le Président se rallia à 
cette manière de voir. 
Telle fut la naissance du Secours Chômage au Comité National. 
Naturellement, on ne trouve pas trace dans les discussions reproduites 
aux procès-verbaux, d’une autre préoccupation qui eut son impor- 
tance, et qui gagna surtout en importance par la suite : celle d’em- 
pêcher les ouvriers de travailler pour l’ennemi. 
M. Albert Henry, l’éminent secrétaire général du Comité National, 
que nous avons déjà cité plus d’une fois, écrit très justement : « L’ins- 
«titution du Secours Chômage pendant la guerre ne doit pas s’apprécier 
«uniquement au point de vue de ses résultats sociaux, comme on le 
«ferait d’une institution fonctionnant en temps de paix. En effet, 
«ce ne fut pas seulement une institution sociale, dans le sens propre 
«du mot ; son objet n’était pas uniquement de combattre les effets 
«du chômage involontaire et de soulager le dénuement des ouvriers 
«sans travail. Elle visait en même temps un autre but : enlever aux 
«ouvriers belges tout prétexte et toute tentation de travailler pour 
«l’ennemi en les soutenant dans leur résistance aux sollicitations 
«dont ils étaient l’objet » (1). 
Rien n’est plus exact. Nous verrons plus loin que ce résultat fut 
atteint en une très large mesure, et nous verrons aussi comment 
l’institution d’un secours spécial destiné uniquement à la classe ouvrière 
prêta à objections, à interventions de la part des autorités allemandes. 
Il ne faut jamais oublier qu’aucune institution belge du temps de 
l’occupation n’eut une vie normale, c’est-à-dire semblable à ce qu’elle 
aurait pu être en temps de paix. 
Mais il faut dire aussi que personne ne se doutait, au moment de 
la création du Secours-Chômage, de l’importance qu’il allait prendre, 
au point de vue financier, comme au point de vue moral. N’oublions 
pas, d’abord, que nous sommes au début de l’année 1915, et qu’on 
ne s’imagine pas que la guerre — et avec elle, l’occupation alle- 
mande — va durer de longues années encore. 
a) A. HENRY, L’Œuvre du Comité National de Secours et d’Alimentation pendant la 
Guerre, p. 247.
	        
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