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» quera des ventes. Ceci étant, il réduit le taux du béné-
» fice qu’il concède au détaillant, de telle manière que
> celui-ci n’a plus un gain suffisant pour lui permettre
»de prospérer. » ‘
Heureusement pour lui, le commerçant a dans son jeu
un atout que la publicité la plus coûteuse ne peut mettre
entre les mains du fabricant : il est en contact immé-
diat avec la clientèle et peut défaire dans l'ombre et en
détail le travail de Pénélope accompli sur un vaste plan
par l’affiche ou l’annonce de la fabrique, « Le détail-
» lant, furieux de voir qu’il n’a plus ses coudées franches,
>» qu’il gagne moins sur chaque unité vendue et qu’il ne
>» peut plus faire accepter par le public les produits qu’il
» préfère tenir, — soit parce qu’il y a plus d'avantage,
» soit parce qu’il en a l’habitude — manifestera pour les
» marques une hostilié ou une antipathie réelle. Il ne
>les tiendra qu’à son corps défendant, substituera ce
» qu’on appelle une contremarque et fera au profit de
» celle-ci une propagande verbale qui aura pour résultat
» de restreindre le débit de la dite marque.
« Constatons que, en fait, il ne peut sortir de cet an-
> tagonisme que des conséquences néfastes, qui, toutes,
> se traduisent par une diminution de bénéfices, —
> sinon toujours du chiffre d’affaires, — aussi bien pour
» le commercant que pour l'industriel. » ?
Le commercant peut aussi lutter en apposant et en
imposant sa propre marque, et, s’il arrive à le faire ,
! Savoir vendre, Principes et applications pratiques, par
Louis Angé, Editions Piter, Bruxelles (1930 ?), p. 73. V. aussi
Francis Elvinger, La Marque, son lancement, sa vente, sa
publicité (Librairie d’Economie commerciale, Paris.)
? Angé, même lieu.
3 Donnons comme exemple de marque commerciale la
marque Coop de l’Union suisse des sociétés de consomma-
tion, laquelle, sur ce point, a les mêmes intérêts que les
détaillants, comme d’ailleurs dans la lutte contre les pri-
mes, qui ne sont pas autre chose qu’un autre instrument