144 L’'EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
lutter pour l’existence, de dégénérer et de disparaître. Je
ne crois pas non plus, hélas, que nous puissions nous
opposer à l'invasion, que nous subissons actuellement, des
races étrangères. Car, si l’on réfléchit à ce qu’est, à l’heure
actuelle, la natalité en France et à ce qu’est la mortalité,
on est obligé de penser — et c’est une pensée bien triste
— que dans cent ans, si cette natalité si réduite qui sévit
sur nous continue à persister, il n’y aura plus du tout de
Français. La France sera devenue une colonie étrangère.
Aujourd’hui, et depuis la guerre, nous voyons avec
quelle intensité s’effectue chez nous l'immigration des
étrangers. C’est un danger social immense.
Je laisse de côté cette question ; elle n’entre pas dans
mon sujet. Je dois traiter de la sauvegarde des races
indigènes en hygiéniste, en pastorien, et non pas en
anthropologiste ou en ethnographe.
_ Pour ce qui concerne la sauvegarde des races indigènes
au point de vue sanitaire, déjà un certain nombre de
grands gouverneurs, qui ont eu à présider aux destinées
de nos colonies, se sont persuadés qu’il était indispen-
sable, si l’on voulait assurer l'essor économique de nos pos-
sessions, d’établir un lien très étroit, une collaboration
permanente entre les services administratifs et les ser-
vices sanitaires.
Nos colonies ne peuvent espérer se développer ct tirer
profit desrichesses économiques considérables qu’elles pos-
sèdent que si la population qui se trouve sur leur sol, qui
est adaptée à leur climat, se développe elle-même, se mul-
tiplie suffisamment pour fournir à l’exploitation de leurs
richesses locales ou régionales, une main-d’œuvre locale
et de la multiplier autant que le nécessitent les besoins de
chacune de nos colonies.
Comment la développer? Comment en assurer la pro-
tection?
D’une part, en empêchant les indigènes de mourir des
maladies qui les déciment, d'autre part en les habituant