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ne correspondaient plus aux conditions entre temps
modifiées de l’industrie et qu’un abaissement même
notable des droits établis ne léserait en aucune
mesure la fabrication fédérale ; de telle sorte que
personne ne se hasarda même de parler de système
protecteur proprement dit, et que si certains cabi
nets s’émurent, à cause des recettes, de quelques
modérations de droits, il n’y avait qu’une voix sur
la nécessité d’une simplification et d’un adoucisse
ment du tarif. On se montra au contraire bien moins
coulant au sujet du procédé, suivi à cette occasion
par la Prusse qui aurait, selon les commissaires de
plusieurs gouvernements, consenti par convention
au profit de la France un grand nombre de réduc
tions, alors que ce dernier pays n’y aurait répondu
que par des abaissements de son tarif relativement
moins considérables, et posséderait le moyen, grâce
à son système de droits ad valorem et à la manière de
les appliquer, de créer des embarras sérieux aux
importations provenant du Zollverein — ce qui al
térerait la liberté de l’association dans le domaine
de sa législation douanière, et notamment dans la
direction des représailles à exercer éventuellement
vis-à-vis de tous les États étrangers. Mais il était fa
cile à la Prusse de relever le reproche, tiré du man
que de réciprocité, en faisant remarquer, qu’il pa
raissait impossible d’arriver à un traitement
réciproquement semblable, sans le moindre écart,
des industries respectives, et que d’ailleurs les con-