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Ces méthodes d’achat direct dans les pays d’origine ont permis au Magasin de Gros anglais
de s’affranchir des restrictions et prélèvements des associations qui en Angleterre contrôlent
l’importation et le commerce des fruits secs !.
Les Magasins de Gros des coopératives de consommation anglaises et écossaises sont
d’un autre côté en relations avec l’agence de vente établie à Londres par la «Sun Maid
Raisin Growers’ Company ». Cette organisation coopérative assure l’écoulement d’environ
90 pour cent des raisins secs de Californie, dont la production représente la presque totalité
de la production des Etats-Unis. Cette organisation coopérative, fondée en 1919 et réorga-
nisée en 1922, groupe 17.000 membres. Depuis sa réorganisation elle a réussi à étendre
considérablement ses débouchés, notamment au Canada, en Europe et en Extrême-Orient.
C’est ainsi qu’en deux ans, de 1923 à 1925, la proportion de ventes de l’organisation
coopérative californienne, dans l’ensemble des importations de raisins dans les pays scandi-
naves, est passée pour le Danemark de 11,8 à 47,6 pour cent, pour la Norvège de 6 à 37 pour
cent, et pour la Suède de 1,7 à 37 pour cent. Dans les importations de la Grande-Bretagne,
la part des Etats-Unis, représentée en majeure partie par les ventes de l’organisation coopé-
rative, est passée de 15,4 pour cent en 1924 à 32,5 pour cent en 1925 ?
Oranges et citrons
L’Espagne vient en tête des pays exportateurs d’oranges. C’est ainsi qu’en 1924, les
oranges d’Espagne ont couvert 81,7 pour cent des besoins de la Grande-Bretagne.
Dans la région de Séville, une association de producteurs écoule environ 25 pour cent
de la recolte et, dans la région de Denia, les producteurs déjà groupés dans deux syndicats
agricoles ont récemment entrepris de s'associer pour l’organisation de l’exportation.
En Palestine, la production des oranges constitue la branche la plus importante de
l’agriculture (39 pour cent du total des exportations en 1925). Les producteurs, en majeure
partie, sont groupés dans trois sociétés coopératives.
En Algérie, la «Coopérative des Agrumes de Boufarik» groupe, à elle seule, le quart
environ de la production totale des oranges et mandarines, Elle a traité, en 1925-1926, 117.000
quintaux. Les fruits sont triés et suivant leur qualité exportés en France, livrés à la consom-
mation locale ou bien transformés en confitures dans l’usine que possède la Société.
L’exportation des citrons, du jus de citron et du citrate de chaux constitue un élément
important des exportations ilaliennes, Des organisations de producteurs de citrons existent
dans l’Italie continentale et en Sicile; la plus importante est la «Caméra Agrumaria » de
Messine qui contrôle entièrement les exportations de citrate de chaux, Dans les importations
britanniques de citrons, jus de citron et citrate de chaux, les exportations italiennes repré-
sentent respectivement 82,2, 20,9 et 98,8 pour cent.
Dans l'Afrique du Sud, la société coopérative « South-African Fruit Growers’ Exchange »
groupe 70 à 75 pour cent des producteurs de citrons. Cette organisation, ainsi d’ailleurs que
les organisations similaires de l’Australie (Etat de Victoria, Nouvelle-Galles du Sud et
Australie du Sud) et de la Nouvelle-Zélande, ont été constituées sur le modèle des grandes
fédérations coopératives des producteurs de fruits des Etats-Unis dont l’un des types les
plus remarquables est le « California Fruit Growers’ Exchange ».
Sur un total de 70.918 wagons d’oranges et citrons recensés en 1922 aux Etats-Unis,
43,620 wagons (représentant une valeur de $ 69.202.327) ont été expédiés par des organisa-
tions coopératives. La presque totalité des ventes coopératives (98,9 pour cent) a été effec-
tuée par cina fédérations dont les deux plus importantes sont la «California Fruit Growers”
* Report of the Imperial Economic Committee on Marketing and Preparing for Market All
Foodstuffs Produced in the Overseas Ports of the Empire. Third Report — Fruit. 1926. Cmd.
2658.
2 Nous ne pouvons, dans cet appendice, exposer comme il conviendrait les méthodes très
élaborées des grandes coopératives agricoles de vente. Notons seulement la parenté étroite de
ces méthodes avec les méthodes qui ont assuré le succès des coopératives danoises (voir plus
haut, p. 9. Voir aussi, pp. 14 et suivantes, l’exposé des méthodes des coopératives cana-
diennes de producteurs de blé). Le rapide développement des coopératives agricoles de vente
aux Etats-Unis a provoqué la publication d’une abondante litérature. Citons seulement l’un
des ouvrages les plus récents et les plus complets: E. G. MEARs and M. O. ToBniNER. Prin-
ciples and Practices of Co-operative Marketing. Ginn & Co.… Boston. 1926.