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LA GUERRE DES BALKANS.
mée ottomane et converti à la religion de Mahomet, il était
vite ainsi arrivé aux plus hauts grades. 11 en était digne,
attaqué par l’aile gauche des Russes, sous le prince héri
tier, sur la ligne Routchouk-Choumla, il fit très bonne con
tenance, obligea aussi le général Zimmermann à rester
dans la Dobroudja où ses troupes souffrirent beaucoup des
maladies.
Surtout, à leur droite, les Russes rencontrèrent une résis
tance à laquelle ils ne s’attendaient pas. De ce côté ils
étaient commandés par le général Krüdener. Il s’empara le
16 juillet de Nicopolis, et aussitôt chargea le général Schilder
d’occuper Plevna, position importante, à la croisée des
routes de Nicopolis à Lowatz et de Sistova à Sofia. Schilder
y rencontra Osman-pacha, qui, de Widdin, était venu se
retrancher avec 40.000 hommes et 90 canons sur les collines
qui dominent la rive droite du Wid. Les Russes se jetèrent
sur ces retranchements, furent repoussés avec de grosses
pertes, rejetés en désordre sur Biela et Nicopolis, — 20
juillet. Le général Krüdener accourut, et, envoyant Sko-
belef au sud pour prendre Lowatz et couper aux Turcs la
route de Sofia, il attaqua Plevna avec toutes ses forces : il
fut complètement battu le 30 juillet, perdit 8.000 hommes,
recula jusqu’au Danube. Ce fut pour les Russes une dure
surprise et un douloureux temps d’arrêt. Une panique
même faillit désorganiser l’armée prineipale ; la défaite fut
raeontée, avec les exagérations ordinaires, à Sistova, à
Bucharest, dans toute l’Europe. Ce fut partout la soudaine
révélation de la puissance militaire des Ottomans et du
génie d’Osman-pacha.
Les Russes ne voulurent pas laisser cette impression se
préciser. Le généralissime, grand-duc Nicolas, laissant un
simple corps d’observation devant le quadrilatère, conduisit
toute l’armée — 70.000 hommes — devant Plevna et mit
son quartier-général à Pélisat. Plaçant l’armée roumaine à
sa droite au nord de la ville, Skobelef à gauche à Lowatz,
il prépara une attaque décisive pour le 11 septembre, jour
anniversaire de la naissance du tsar. L’aile droite roumaine
se conduisit très bien et enleva les retranchements turcs
qui étaient devant elle ; Skobelef fit des prodiges à l’aile
gauche et poussa l’ennemi jusqu’auprès de Plevna. Mais le
centre russe, écrasé sous les feux des batteries ottomanes,
subit de grosses pertes, échoua dans toutes ses tentatives,
perdit 16.000 tués ou blessés. Le grand-duc Nicolas dut