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Tout  ce  qui  ne  pouvait  se  réaliser  de  suite  se
trouvait  représenté  par  un  document  d’une  négociation
courante,  obéissant  aux  lois  de  l’offre  et  de  la  demande,
facilitant  les  échanges  et  par  suite  la  spéculation.
Mais  il  ne  suffisait  pas  à  un  établissement,  pour
s’imposer,  de  mettre  en  avant  l’intégrité  et  le  renom
de  ses  membres,  il  lui  fallait  une  sanction  supérieure,
un  privilège  le  mettant  à  l’abri  de  toute  concurrence.
De  là  l’idée  première  de  la  Banque  d’Angleterre.
Restait  à  trouver  l’appui  moral,  mais  le  moment  ne
pouvait  être  plus  favorable.
Pendant  le  règne  des  Stuarts  et  les  règnes  suivants,  la
Royauté  et  le  Parlement  faisaient  assez  mauvais  ménage.
Le  Parlement,  fort  de  son  importance,  marchandait
au  roi  ses  subsides  et  l’argent  qui  lui  était  nécessaire
pour  la  conduite  des  guerres  incessantes  et  ses  dépenses
toujours  croissantes.  Il  ne  lui  donnait  rien  pour  rien,
ne  votait  une  somme  demandée  qu’en  lui  arrachant  une
liberté  quelconque,  souvent  n’en  accordait  qu’une  partie
afin  de  se  rendre  indispensable  et  éviter  ou  retarder  par
cela  même  sa  dissolution.
Le  roi  ne  demandait  pas  mieux  que  de  trouver  de
l’argent  ailleurs,  sans  avoir  à  s’humilier  devant  le  parlement, ­
  il  accepta  donc  avec  empressement  l’offre  qui  lui
était  faite.
La  première  charte  de  la  Banque  d’Angleterre  date
de  1694  sous  I e  règne  de  William  et  Mary.
Moyennant  une  avance  de  ,£1,200,000  faite  au
gouvernement  pour  onze  années,  au  taux  de  8  %,  la
Banque  reçut  le  privilège  de  la  négociation  des  effets
publics,  de  l’achat  et  de  la  vente  des  matières  précieuses