73

inconvénient,  le  donner  en  reports  à  un  taux  qui  sera
souvent  plus  rémunérateur.
Que  fera  le  banquier  ?  Au  moment  de  la  liquidation
il  s’adressera  à  un  courtier  et  lui  prêtera  les  ,£10,000  au
taux  courant  du  marché,  2f  °/„  par  exemple,  et  recevra
en  garantie  un  certain  nombre  de  titres,  disons  d’Egypte
U  nifiée.
Le  client,  voulant  vérifier  que  le  taux  de  2f  qui
lui  a  été  appliqué  a  bien  été  coté,  ouvrira  les  journaux
financiers  et  verra  que  des  reports  se  sont  faits  à  4  %  sur
l’Egypte  Unifiée.  Il  s’étonnera  de  la  différence  entre
ce  cours  et  celui  que  son  banquier  lui  a  indiqué,  puisque
le  gage  est  le  même,  et  reprochera  à  ce  dernier  de  ne
pas  avoir  soigné  ses  intérêts.
Ainsi  que  nous  allons  le  voir  en  examinant  la  différence ­
  qui  existe  entre  les  deux  genres  d’opérations,  la
plainte  n’est  pas  fondée.
Si  nous  trouvons,  en  effet,  que  le  report  de  l’Egypte
Unifiée  s’est  fait  au  Stock  Exchange  à  4  °/„,  cela  veut
dire  que  les  haussiers  ont  dû  payer  ce  taux  pour  se  faire
reporter.  La  personne  qui  fait  un  report  directement
continue  donc,  moyennant  4  °/ 0 ,  la  position  d’un  haussier.
Elle  paie  la  somme  que  ce  dernier  n’est  pas  en  mesure
de  verser,  lève  les  titres  et  devra  les  rendre  à  la  fin  de
la  quinzaine  contre  remboursement  de  la  somme  déboursée ­
  plus  le  montant  du  report.  Le  report  se  fait
donc  sans  marge,  et  si  les  titres  viennent  à  baisser,  le
prêteur  ne  sera  pas  en  droit  de  réclamer  une  couverture
puisqu’il  n'a  fait  que  se  mettre,  pendant  une  liquidation,
en  lieu  et  place  du  haussier.  On  comprendra  que  ces
opérations  comportent  un  certain  risque,  et  que  le  taux