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Le  change  en  faveur  d’un  pays  est  donc  en  temps
normal  un  signe  de  prospérité  et  d’activité  dans  son
commerce  et  ses  relations  extérieures,  et  pour  un  pays
producteur  la  différence  se  fait  surtout  sentir  au  moment
de  l’exportation  des  récoltes.
II  ne  faudrait,  cependant,  pas  prendre  cette  observation ­
  à  la  lettre  pour  tous  les  pays  indistinctement  ;  ainsi
pour  la  France  et  l’Angleterre,  qui  se  trouvent  étroitement ­
  liées  par  leurs  opérations  commerciales,  la  différence ­
  peut  être  à  un  moment  très  sensible,  par  suite  de
raisons  spéciales  de  places,  mais,  tôt  ou  tard,  l’équilibre
devra  se  rétablir.
Ainsi  que  nous  venons  de  le  dire,  l’un  des  facteurs
les  plus  importants  dans  les  fluctuations  du  change  entre
les  deux  pays  est  la  balance  qui  résulte  des  opérations
commerciales  proprement  dites  ;  mais  le  cours  peut
encore  être  affecté  par  beaucoup  d’autres  causes,  qu’il
serait  trop  long  d’énumérer  ;  nous  nous  contenterons
donc  d’examiner  les  principales.
Un  emprunt  fait  par  un  pays  dont  le  crédit  est  bien
établi  aura  pour  résultat  d’établir  un  cours  de  change
qui  lui  sera  favorable.  En  effet,  si  l’emprunt  offre  des
garanties  suffisantes  et  un  placement  rémunérateur,  il
sera  recherché  par  les  capitaux  étrangers,  l’exportation
se  fera  non  plus  sous  forme  de  marchandises,  mais  sous
forme  de  titres,  et  la  balance  à  recevoir  sera  en  faveur
du  pays  emprunteur.
Un  taux  d’intérêt  avantageux,  comme,  par  exemple,
une  élévation  du  taux  officiel  de  l’escompte  de  la  Banque
d’Angleterre,  produira  un  effet  analogue.  Les  capitaux
disponibles,  qui  n’attendaient  qu’une  occasion  favorable
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