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Ces  émissions  renouvelées  amenèrent  fatalement  la
dépréciation  du  papier  fiduciaire,  qui  n’était  représenté
par  aucun  dépôt  de  métal  précieux,  et  la  conséquence
fut  l’établissement  d’une  prime  sur  l’or  qui  s’éleva  bientôt ­
  jusqu’à  300  °/ 0 ,  c’est-à-dire  qu’il  fallait  donner  400
dollars  en  papier  pour  en  obtenir  100  en  or.
Les  emprunts  contractés  à  l’étranger,  qui  avaient
à  l’origine  contribué  à  attirer  l’or,  devinrent  bientôt  un
fardeau  que  le  pays  ne  pouvait  supporter  plus  longtemps.
En  effet,  la  plus  grande  partie  des  titres  étant  entre  les
mains  de  porteurs  étrangers  et  les  intérêts  de  ces  emprunts ­
  extérieurs  étant  payables  en  Europe,  les  sommes
destinées  à  faire  face  à  l’échéance  des  coupons  devaient
être  remises  en  or,  et  la  perte  en  résultant  pour  le  pays,
par  suite  de  la  prime  élevée  de  l’or,  devint  énorme.  Le
dollar,  dont  le  nominal  est  de  48  pence,  tomba  à  xo
pence.
La  situation  s’est  bien  améliorée  depuis  quelques
années,  par  suite  de  bonnes  récoltes,  mais  la  prime  sur
l’or  à  Buenos  Ayres  est  encore  de  12  7^-  °/ 0  environ.
Nous  n’entrerons  pas  dans  le  détail  des  catastrophes
amenées  par  cet  état  de  choses,  nous  avons  voulu  seulement ­
  montrer  les  perturbations  causées  dans  le  change
par  suite  de  la  rareté  du  métal  précieux,  et  la  dépréciation ­
  de  la  monnaie  d’un  pays  en  suite  de  l’établissement
du  cours  forcé.
La  bourse  des  changes  se  tient  deux  fois  par  semaine,
le  mardi  et  le  jeudi  de  une  heure  et  demie  à  deux  heures
et  demie  à  l’intérieur  du  Royal  Exchange  et  est  ouverte
au  public  en  général.