156

les  banquiers  a  eu  pour  but  d’obvier  à  tous  ces  inconvénients, ­
  d’éviter  toute  perte  de  temps,  et  de  permettre
de  faire  un  nombre  plus  grand  d’affaires  sans  qu’il  soit
nécessaire  d’augmenter  dans  des  proportions  considérables ­
  le  stock  d’or  et  d’argent  existant  en  circulation.
Tous  les  chèques  sont  centralisés,  et,  à  une  certaine
heure  de  la  journée,  les  banques  et  banquiers  compensent ­
  entre  eux  et  paient  ou  reçoivent  la  différence  qui
leur  est  due.  Il  n’y  a  donc  pas  de  la  sorte  de  déplacement ­
  de  numéraire,  à  proprement  parler,  et  toutes  les
affaires  se  trouvent  réglées  en  quelques  minutes  par  le
transfert  d’un  compte  à  un  autre  dans  les  livres  de  la
Banque  d’Angleterre.
L’établissement  du  “  Clearing  house  ”  à  Londres
date  du  commencement  du  siècle,  mais  ce  n’est  que
dans  la  seconde  partie  que  son  rôle  est  devenu  considérable. ­

Jusqu’en  1833,  la  Banque  d’Angleterre  avait  seule
le  monopole  des  affaires  dans  la  Cité,  et  il  n’était  pas  à
la  portée  de  tout  le  monde  de  pouvoir  se  faire  ouvrir  un
compte  dans  ses  livres.  La  seule  concurrence  sérieuse
qu’elle  eût  à  craindre  venait  des  banquiers  privés,  mais
leur  influence,  bien  que  considérable  dans  un  certain
milieu,  ne  pouvait  balancer  les  avantages  qui  lui  avaient
été  accordés  par  sa  charte.  Elle  vit  dans  la  loi  de  1833
autorisant  la  création  de  Banques  par  actions  {joint
stock  banks)  une  atteinte  à  son  monopole  et  s’y  opposa
de  tout  son  pouvoir,  mais  sans  résultat.
La  création  des  “Joint  stock  Banks”  donna  une
impulsion  nouvelle  au  commerce  et  à  l’industrie.  Les
facilités  quelles  accordaient  leur  attirèrent  bientôt  un