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avoir  engagé  leurs  capitaux  dans  une  affaire  plus  que
douteuse.
Il  est  donc  quelquefois  dangereux  de  souscrire  à  une
nouvelle  entreprise  pour  la  seule  raison  que  ses  actions
font  prime,  mais  il  est  souvent  encore  plus  dangereux
de  vendre  avec  prime  et  de  souscrire  pour  faire  face  au
découvert.
En  effet,  les  promoteurs  sont  absolument  maîtres
de  la  situation,  et  il  leur  est  loisible  de  s’attribuer,  à  eux
et  à  leurs  amis,  la  plus  grande  partie  de  l’émission,  et  de
n’accorder  aux  souscripteurs  en  général  qu’un  montant
insignifiant,  assez  pour  sauver  les  apparences.
Connaissant  exactement  d’avance  le  nombre  d’actions
qui  circulera  dans  le  public,  ils  pourront,  en  agissant
avec  prudence,  faire  acheter  par  des  courtiers  différents,
avant  la  souscription  ou  la  répartition,  un  montant  de
beaucoup  supérieur  pour  lequel  ils  ne  marchanderont
pas  la  prime.
On  comprendra  qu'il  leur  suffira  ensuite  d’insister
sur  la  livraison,  et  que  les  vendeurs  seront  entièrement
en  leur  pouvoir  puisqu’ils  ne  pourront  se  procurer  les
actions  vendues  à  découvert  qu’en  s’adressant  à  eux.
Ce  procédé,  connu  sous  le  nom  de  “  cornering  the
market  ”  est  souvent  employé,  mais  il  est  la  plupart  du
temps  déjoué  par  les  “dealers,”  qui  ont  tout  intérêt
à  s’entendre  entre  eux  et  à  s’avertir  réciproquement
lorsqu’ils  voient  que  le  découvert  sur  une  valeur  dépasse
une  certaine  limite.
Nous  venons  de  voir  quelles  sont  les  principales
dispositions  de  la  loi  qui  régit  la  formation,  l’enregistrement ­
  et  le  fonctionnement  des  Compagnies,  mais  on