AVANT-PROPOS C’est un fait que, par ces temps de difficultés économiques et politiques, d’essais plus ou moins heureux de réformes sociales, le citoyen français, lorsqu’il n’a pu trouver dans la patrie toutes les garanties de bien-être désirables, songe à l’émigration ; mais, dans son ignorance, il hésite sur la direc tion à prendre : vers nos colonies ? ou vers le nouveau monde? Puis il se décide et s’embarque. Malheureusement souvent à l’aventure, et il ne va pas toujours où il aurait le plus d’avan tages. — Il semble donc utile, puisque cet état de choses existe, d’en tirer au moins tout ce qu’il peut impliquer de bon, et de diriger, d’éclairer en quelque sorte, les courageux, les éner giques qui s’éloignent, de les renseigner sur les pays où ils pourront se diriger, afin que leur entreprise ne reste pas sans fruit pour eux, en même temps que pour notre pays. Colonial fervent, nous ne croyons pas médire de nos colonies en déclarant que, si la plupart d’entre elles offrent un immense champ d’action aux grandes compagnies qui se constituent pour en exploiter les richesses naturelles, en revanche, les artisans, les petits colons ou commerçants qui ne disposent que de faibles capitaux, généralement peu encouragés par une administration tatillonne à l’excès, se trouvent exposés à ne pas voir leur initiative et leurs efforts aboutir à des résultats satisfaisants dans des milieux souvent environnés de popula tions hostiles ou barbares. Pour ne pas être taxé de pessimisme, et convaincu de rendre service aux jeunes gens désabusés ou enthousiastes qui, sou-