10 LE PÉROU ÉCONOMIQUE nord-ouest et, obéissant à cette force impulsive, traversent obliquement l’Amérique du Sud, sur une étendue longitu dinale de plus de 2.000 milles géographiques, déchargeant à leur passage dans les Cordillères du Brésil une grande quantité de vapeurs aqueuses qu’ils entraînent de la mer; la chaîne des Andes condensant encore le restant des vapeurs que ces vents contiennent, ils privent ainsi le littoral de l’unique source d’humidité que pourrait ren fermer son atmosphère. Dans la Costa, les mois les plus froids sont ceux de juillet et août qui correspondent à l’hiver; celui-ci, qui dure de mai à octobre, ne se distingue que par un ciel plus sombre un peu voilé et par la garua ; le thermomètre ne descend pas à plus de 11 degrés au-dessous de zéro. Janvier et février sont les mois les plus chauds de l’été, cepen dant, le thermomètre atteint rarement 30 et 32 degrés; la température moyenne est de 20 degrés centigrades. Le printemps et l’automne sont deux saisons à peine percep tibles, car leur température se confond avec les autres. Les nuits y sont toujours fraîches. Le climat de la côte est donc agréable, presque tempéré, et surtout uniforme. La raison d’une température aussi douce, à quelques degrés à peine de l’Equateur, n’est autre que l’action réfri gérante du courant de Humboldt, courant sou-smarin d’eau froide venu des mers antarctiques qui, du sud-est au nord- ouest, longe toute la côte péruvienne pour se mêler au courant équatorien dans les eaux du Guayaquil. Les brises constantes du sud, qui sont parallèles au courant, contribuent aussi à rafraîchir l’atmosphère. Pour trouver un climat tempéré, et même froid, il suffît de prendre la route conduisant à la Sierra par les premiers versants des Andes ou plus simplement le chemin de fer dit de la Oroya ; à chaque station, la température devient moins