18 LE PÉROU ÉCONOMIQUE (métis), ou celui des Indiens Quechuas du haut-plateau péruvien et bolivien, touche au fétichisme. La religion est surtout remplacée par le culte des images, c’est le symbole qu’adore la population péruvienne et non le Dieu de leur religion; la statue reste l’idole. Beaucoup de processions ont lieu la nuit, à la clarté des torches et des ciepges; ce sont toujours des céré monies imposantes par le nombre des fidèles, mais empreintes d’une note de paganisme sauvage particulier aux Indiens. Pendant ces processions, qui durent parfois plusieurs heures, on rit, on fume, l’on boit surtout, enfin on y fait tout sauf prier. Le clergé de l’intérieur est généralement peu instruit, il abuse de son influence, qui est grande, sur les Indiens pour tirer profit de leurs superstitions. Malgré ses tares et sa licence, il faut reconnaître que le curé de l’intérieur du Pérou est généralement bienveillant et hospitalier pour le voyageur, et parfois aussi bon et doux pour ses fidèles, bien qu’il les exploite le plus souvent. Autrefois, les moines pullulaient au Pérou; aujourd’hui, couvents et monastères ont presque totalement perdu leur influence et leur richesse. Cette décadence est due à une vie fort irrégulière, et à une mauvaise administra tion ; en outre, diverses lois ont réduit leurs rentes et privilèges. Quoique bien moins nombreux, les moines sont encore la plaie de ce pays ; sales et débauchés (il s’agit ici des moines d’origine péruvienne) ils imitent les curés de leur mieux, ils trafiquent de tout et font argent de tout. De nombreux biens des couvents sont aujourd’hui tombés au pouvoir de l’Etat, ils ont été adjugés, les uns, à diverses institutions, les autres à différents services de bienfaisance. De la majeure partie de ces propriétés,