26 LE PÉROU ÉCONOMIQUE de débarquer sur ce point, car, nous l’avons dit, sur toute la côte la houle déferle avec force. Le débarquement s’opère sur un énorme radeau, qui obéissant aux flots, monte à mi-hauteur du pont du pa quebot, puis redescend trois mètres au-dessous. Un par un, les passagers prennent place dans un tonneau défoncé d’un bout, coupé parfois sur une des faces et suspendu au bout d’un palan; les marins choisissent avec adresse le moment ou le radeau descend avec la vague. Malgré cette précaution et tous les soins apportés par l’équipage, il arrive trop souvent que le tonneau se rencontre avec le radeau ; le voyageur en jaillit alors comme d’une boîte à ressort s’il ne s’est pas solidement cram ponné. Lorsque la primitive embarcation se trouve chargée, elle prend le chemin du rivage, secouée par les flots qui inon dent les voyageurs et les ballots. L’arrivée à terre se mani feste par un choc formidable qui renverse tous ceux qui n’ont pas eu la précaution de se coucher. C’est trempé comme plusieurs barbets que l’infortuné voyageur fait son entrée dans la petite ville de Salaverry. Santa et Chimbote sont deux ports réunis au milieu d’un désert de sable ; c’est pourtant là le centre de fermes ma gnifiques. — Chimbote est un port presque fermé par la nature, c’est une des baies les meilleures et les plus pro fondes de la côte péruvienne. Il a dix kilomètres de long et six de large. Il n’existe pas un seul rocher dans cette baie, merveilleusement protégée des vents de l’ouest et du sud qui régnent sur cette côte. Les plus grands navires y peuvent jeter l’ancre jusqu’à cinq cents mètres du rivage. Ce port, qu’il est regrettable de voir négligé par le gouver nement péruvien, est situé à 2.000 kilomètres environ au sud de Panama et à 2.500 au nord de Valparaiso. /