36 LE PÉROU ÉCONOMIQUE une contrée toute différente aux approches du Guayas ou Guayaquil ; là, la terre disparaît sous une verdure éter nelle, et les montagnes apparaissent couvertes de forêts de la base au sommet. Si la navigation sur la côte qui borde le golfe de Guayaquil présente une perspective charmante et variée, la côte nord du Pérou, généralement plate et d’un aspect monotone et triste, produit sur le voyageur une impres sion d’autant plus désagréable qu’elle forme un contraste frappant avec la vigoureuse et exubérante végétation de l’Équateur. Peu après Tumbes, port situé à la frontière nord du Pérou, on n’aperçoit sur cette côte que des plages étendues, des dunes aux collines de sable de hauteur régulière, des pics et falaises escarpés, des vallées formées par les rami fications transversales de la Cordillère de la côte. Nulle part, le passager ne découvre de grands bois, mais une sorte de brousse, le monte, constitué par diverses espèces d’arbustes, d’arbres et même de graminées. A 8 ou 10 kilomètres du bord de la mer s’étendent, par endroits, de petites chaînes de collines qui, l’hiver, se cou vrent de verdure ; ce sont les lomas, très favorables à l’agriculture. La mer participe à cet aspect aride et ingrat du sol, car à peine de temps à autre une légère brise vient-elle rider la surface du Pacifique qui, dans ces parages, du moins, mérite bien son nom. La sécurité est si grande que l’on voit des embarcations péruviennes portant d’immenses voiles dont il est impossible de diminuer la surface en cas de mauvais temps. A quelque distance de la côte, on aperçoit les îles de San Galiano, de Lohos, d’autres encore, qui toutes sont totalement dépourvues de végétation. Une forte odeur