LE PÉROU ÉCONOMIQUE 37 ammoniacale indique au voyageur la présence du guano qui existe en couche épaisse dans ces îles. Avant d’at teindre le Callao on trouve encore sur le littoral un grand nombre de petites îles peu ou pas habitées, impropres à toute culture. Le trajet de Panama au Callao se fait en cinq à six jours, lorsque le vapeur accomplit le parcours directe ment ; mais une fois sur deux il s’arrête à presque toutes les escales ; c’est alor% un cabotage interminable et la traversée peut durer quinze ou seize jours. VII. — Le Callao est la deuxième ville du Pérou après la capitale dont il est pour ainsi dire un des faubourgs. (Les dernières maisons du Callao ne sont éloignées de celles de Lima, que de 11 kilomètres en ligne droite.) C’est le premier port du Pérou et son principal entrepôt commercial. Le mouvement maritime est considérable ; six compagnies de paquebots partent du Callao vers tous les ports du Pacifique et l’Europe, sans compter les vapeurs et voiliers du cabotage et ceux qui font leur voyage par la voie du cap Horn. Nous avons l’absolue conviction que le pays de la côte sud du Pacifique qui bénéficiera incontestablement le plus de l’ouverture du canal de Panama sera le Pérou. Le Callao pourrait bien devenir alors, grâce à son excellente situation, un grand entrepôt de marchandises qui sera en partie alimenté par les États-Unis, et ce port deviendra redoutable pour Valparaiso, qui, malgré les travaux con sidérables entrepris après la catastrophe de 1906, n’en restera pas moins, à cause de sa position géographique, un port peu sûr et mal abrité pendant la période d’hiver. La baie du Callao réunit des conditions assez rares sur la côte occidentale de l’Amérique du Sud ; elle est large et sûre, les navires s’y trouvent à l’abri en tout temps.