40 LE PÉROU ÉCONOMIQUE une nombreuse population flottante, dans ce chiffre, il faut compter de 12.000 à 15.000 étrangers. On reconnaîtra la prépondérance de l’élément européen au Gallao à ceci : les protestants y possèdent plusieurs temples. Il existe aussi une synagogue. C’est avant tout, une ville commerciale, la population est laborieuse et des plus paisibles ; elle n’a jamais pris aucune part aux mouvements politiques qui autrefois troublaient le pays. La ville ne présente rien de remarquable en dehors de sa grande activité. Vue de la rade, elle forme une ligne monotone de maisons construites presque au niveau de la mer. Son aspect ne prédispose pas en sa faveur, vu le manque de beaux édifices publics, l’irrégularité de la plupart de ses rues et des constructions et la rareté rela tive de l’eau. Les rues sont en majeure partie étroites mais vivement coloriées; des vérandas, des campaniles, des colonnades, forment un bizarre assemblage de profils inattendus. C’est curieux, sinon tout à fait agréable. Le quartier du nord forme une agglomération de caba rets et auberges de marins, de ranchos où les règles de l’hygiène ne sont pas très exactement observées. Dans la partie à l’est de la calle (rue) de Lima, s’est groupé le haut commerce, les rues y sont larges et droites ; les boutiques alternativement françaises, anglaises, alle mandes, italiennes, espagnoles, se succèdent sans inter ruption; cette partie de la ville, la plus haute et la plus sèche, constitue le moderne Callao. Le Rio Rimac, qui traverse Lima, a son embouchure à 3 kilomètres du Callao. Au loin, on distingue, vers l’extré mité d’un ruban de verdure qui signale le cours du rio bordé de milliers de grands saules, les innombrables