LE PÉROU ÉCONOMIQUE 41 clochers de Lima, et, un peu plus loin, la ligne fortement accentuée des contreforts des Andes. Il existe au Gallao plusieurs hôtels, relativement con fortables, quoique laissant à désirer. Parmi les moins mauvais, nous signalerons l’hôtel de Genova, de Ita.Ua, dans la calle Gonstitucion. La vie matérielle n’est pas très chère, le prix de la table et du logement dans ces hôtels est de 2 soles (1), 50 centavos par jour, et la pension de 50 à 60 soles, soit de 125 à 150 francs par mois. IX. — Une particularité curieuse distingue le port du Callao, particularité qui le place pendant quelques mois de l’année dans des conditions sanitaires défavorables, encore augmentées par le manque d’égouts; ce phéno mène singulier qui se manifeste chaque année, du mois de décembre à avril, consiste en émanations fétides de gaz sulfhydriques accompagnées de changement plus ou moins notable dans la couleur des eaux. Ce phénomène est connu sous le nom de aguaje, ou de Callao painter, ou encore Callao barber, pour la propriété qu’il a de colorer d’une teinte noirâtre argentée les parties des navires peintes en blanc de céruse, coloration qui, sui vant le savant Raimondi, serait due sans doute à la formation de sulfure de plomb par la combinaison du soufre contenu dans le gaz sulfhydrique avec le plomb de la céruse. Ce phénomène se produit surtout près du rivage et pas du tout du côté où la baie se trouve la moins abritée. Raimondi et Huchinson donnent encore de ce phéno mène l’explication suivante : il existerait dans la baie des courants circulaires, ceux-ci se rencontreraient avec les gaz sulfureux qui s’échappent du fond. La mer charrierait