LE PÉROU ÉCONOMIQUE 47 lesquels le guano entre pour une certaine part, la solidité des constructions y gagnerait ainsi que la salubrité. Une campagne sans doute intéressée en faveur du ciment armé a été entreprise dans les journaux de Lima. Toutes les maisons ont leur patio ou cour intérieure, à la mode an- dalouse ou hispano-mauresque ; les portes massives feraient songer à celles d’une forteresse si elles n’étaient toujours entr’ouvertes. Les maisons aux formes antiques, les balcons fermés, les fenêtres grillées, les coins de rues avec un autel ou une statue de vierge ou de saint dans une niche grillée, tout semble rappeler l’histoire d’unpassédéjà lointain. Rien de plus curieux aussi à observer que la foule hété rogène qui sillonne constamment les rues'.blancs, indiens à la figure triste et mélancolique, métis, nègres, zambos, mu lâtres, cholos, etc., une véritable macédoine de races, qui offrent un contraste curieux sous les jeux de lumière et d’ombre avec leurs costumes bigarrés, particuliers à chaque race. On voit aussi, toujours par bandes, des gallinazos (1) au plumage sinistre sautiller lourdement dans les rues des faubourgs, aiguisant leur bec contre les pierres, ou alignés sur le bord d’un trottoir ou sur un mur, en atten dant l’occasion de se jeter sur quelque détritus. C’est par milliers que l’on peut compter ces rapaces toujours affamés; ils sont tolérés et même respectés, car la mu nicipalité leur sait gré de contribuera la propreté des rues. Trente-quatre places sont autant de salons libres où se donne rendez-vous, certains jours, l’élite de la population liméenne ; elles égaient de leur verdure l’aspect presque uniforme des maisons. La Plaza Mayor est la principale 1) Urubus, sorte de vautours noirs connus sous le nom de gallinazos sur toute la côte du Pacifique.