LE PÉROU ÉCONOMIQUE 49 sont placés dans des sortes de colombarium encastrés sur plusieurs rangs dans une muraille épaisse, à la mode castillane. Très souvent les portraits des défunts sont placés sous verre à côté de leur inscription funéraire. De très beaux arbres, des agaves, des massifs de fleurs, ornent les avenues. III. —■ Lima, construite dans la fertile vallée du Rimac où elle peut s’étendre à l’infini, avec au nord, les pre miers contreforts des Andes, jouit d’un climat excellent rafraîchi par la brise marine, exempt des grandes pluies tropicales ; la sécheresse y est à peine atténuée par la rosée ou brouillard nommé garua. Les nuits y sont remarquablement douces, et comme nous l’avons dit, pen dant les mois les plus chauds le thermomètre ne dépasse pas 30 a 32°, l’hiver il ne descend jamais au-dessous de -(- 11°. On y jouit donc d’un printemps perpétuel. Lima serait donc un séjour délicieux si l’hygiène publique y était moins défectueuse. Le passant attardé, après dix heures du soir, est exposé à marcher au milieu des nuages de poussière soulevés par les Chinois chargés du balayage des rues ; il est de tradition à Lima de donner comme origine à la tuberculose et aux bronchites les germes morbides voltigeant ainsi parmi la poucsière abondante et qui s’introduit dans les poumons. La presse liméenne livre une guerre acharnée à ses édiles dans le but de faire modifier cet état de choses, surtout en ce qui concerne les ordures déposées la nuit au milieu des rues, les écuries à mulets (muladares) qui entourent la ville. La presse mène aussi campagne contre ce qu’elle appelle avec raison des foyers d’infection : les maisons dites de Otaïza et del Pescante, habitées chacune par plus de 1.000 Chi nois, empilés dans des locaux étroits et sans air, dans une promiscuité révoltante. Il jst possible que cette critique 4