50 LE PÉROU ÉCONOMIQUE soit exagérée vu le mépris, pour ne pas dire la haine, que les Péruviens professent à l’égard des Chinois qui sont accusés de tous les vices et traités de race dégradée. On pourrait remédier à une partie de ces inconvénients, car Lima est doté d’un important service des eaux qui met à là disposition de chaque abonné 240 litres d’eau par 24 heures ; le prix par mètre cube est de 0 fr. 50. Cette quantité paraissant encore insuffisante, on procède à l’établissement d’un immense réservoir dans le Rimac même. IV. — Si Lima ne connaît ni les orages, ni la foudre, elle n’en est pas moins exposée aux tremblements de terre. Plusieurs fois par an, des secousses s’y font sentir avec plus ou moins d’intensité. Pendant notre séjour à Lima nous n’en ressentîmes qu’une seule. Quoique habitués à ces temblores, qui ne sont heureusement le plus souvent que des frémissements du sol, ces secousses n’en sont pas moins désagréables lorsqu’elles se produisent la nuit. Voici comment cela se passe généralement. Au plus profond de son sommeil, on sent le lit sur lequel on repose s’agiter brusquement ; les verres ou bou teilles placés sur les meubles s’entrechoquent avec bruit et l’on entend comme un roulement souterrain qui s’é loigne en grondant sourdement. Le premier mouvement est de sauter hors du lit, et de courir vers la porte de sortie. Cette hâte est encore augmentée par les cris de « temblor, temblor, » qui s’élèvent de tous côtés. Toutes les personnes habitant l’hôtel ou la maison parti culière, se pressent et se bousculent, cherchant à gagner la rue au plus vite. La plus grande confusion règne pen dant quelques minutes ; puis chacun, voyant que la secousse ne se renouvelle pas, regagne son logis en riant de cette alerte. Les étrangers s’habituent très facilement