LE PÉROU ÉCONOMIQUE 61 occupent généralement les vallées de la Costa. Les Indiens Quechuas habitent de préférence la Sierra, quoique on y trouve aussi les autres types. Mais beaucoup de villes et villages sont presque uniquement composés d Indiens, comme dans la région du Collao (département de Puno) et dans le département de Cuzco, où les blancs et métis sont si clairsemés qu’ils ne représentent guère que la cin quième partie de la population. Dans une proportion à peine plus élevée, il en est de même pour les agglomérations de la Montana. Dans la sierra, bien que la plupart des Indiens des hauts plateaux péruviens parlent et comprennent suffisamment l’espagnol surtout dans les centres, c’est la vieille langue quechua qui est toujours usitée. Il est préférable de les interpeller dans leur propre langue si on veut avoir raison de leur réserve et de leur défiance. Le voyageur n’a pas besoin de parcourir les diverses régions du Pérou pour avoir un aperçu delà diversité des races qui y existent : une promenade dans les rues et les faubourgs de Lima suffit. C’est au marché principal, situé au centre du quartier habité par les Chinois, que l’on peut le mieux faire ces observations. Là, et dans les rues qui y conduisent, on voit des négresses, des cholos, des zambos des deux sexes vendant des morceaux de viande cuite ou rôtie sur de maigres brasiers. Autour des places publiques, aux abords des prome nades, toute une variété de vieux chino-cholo, chino- zambo, mulâtres, nègres, trigueno, etc., accroupis et cou verts de ponchos de laine rouge ou de couleurs voyantes, demandent 1 aumône aux passants. Des Indiens au visage cuivré, aux longs cheveux plats tombant sur les épaules, échangent, dans les bouti