62 LE PÉROU ÉCONOMIQUE ques, les produits de leur chasse ou de leur industrie. III. — Malgré la diversité des races qui ont contribué à former la population actuelle du Pérou, on peut affirmer que le fond du caractère des Péruviens est une bonté affec tueuse qui les fait aimer de quiconque a pu les apprécier. Parmi les vertus principales de leur race, figurent en première ligne une générosité réelle, et la tradition d’une hospitalité affable et sans étalage. En général, il est diffi cile de trouver un caractère plus franc, plus aimable et plus serviable. Doué d’une imagination brillante, le Péru vien est malheureusement trop souvent indolent et apa thique, cela gâte passablement ses belles qualités. Avec sa taille moyenne, ses traits fins, son visage régu lier, le Péruvien, offre l’empreinte de l’affabilité qui est le fond de sa nature même ; son caractère fier mais plein de bonne grâce en a fait un des hommes les plus sympathiques de l’Amérique espagnole (1). Le Péruvien blanc ou métis pratique envers les étrangers une hospitalité large et amicale comme on n’en rencontre plus souvent dans notre vieille Europe. C’est surtout dans les petites villes de l’intérieur et dans les campagnes, chez des propriétaires plus ou moins fortunés, que cette hospitalité est vraiment digne d’éloges. Quand, dans la campagne, le voyageur trouve sur sa route une ferme ou une maison de campagne, il n’hésite pas à mettre pied à terre sûr d’être bien reçu et hébergé. Mais comme nous l’avons dit, c’est dans les petites villes (1) Convaincu que la connaissance du caractère, des qualités et des défauts de la population d'un pays dans lequel on va se fixer ou faire des affaires, est indispensable pour éviter de froisser des préjugés, des cou tumes, des superstitions ou des croyances enracinées, et se créer ainsi des relations faciles et des débouchés, nous croyons devoir nous étendre un peu sur le caractère des Péruviens d’origine blanche et Quechuas habi tant la Sierra et les Hauts-Plateaux de l’intérieur.