64 LE PÉROU ÉCONOMIQUE sacramentelle des Indiens quechuas. « Mana ti ancho » (je n’en ai pas) ; ou « No hay senor » (il n’y a rien). Quoi que l’on demande, c’est la réponse de l’Indien qui ne veut rien donner. Le mieux est de ne rien demander qu’après avoir engagé une conversation banale et d’offrir un trago, gorgée d’eau- de-vie, à l’Indien, qui, rassuré, s’empressera de mettre ce qu’il possède à votre disposition. Quelques voyageurs peuvent avoir une opinion moins bienveillante sur le caractère des Péruviens. Quant à nous, nous sommes heureux de répéter que cette hospita lité nous a été douce au cœur ; loin du sol natal, elle est plus appréciable. On est souvent étonné de se voir reçu avec tant d’égards et de générosité par des inconnus qui vous voient pour la première et le plus souvent pour la dernière fois. Les Péruviens, de toutes les conditions, ont des mœurs excessivement douces, ce qui fait que certains voyageurs ont pu représenter le Pérou comme une nation sans courage. Cette opinion nous paraît être une gravé" erreur, car nous avons eu l’occasion d’apprécier la valeur de beaucoup de Péruviens dans des circonstances où la bravoure et le courage ne sauraient être contestés. Il n’en est pas moins vrai, que hors des grands centres, les rixes et les meurtres sont rares, et dans ce dernier cas, ils sont le plus souvent commis par des étrangers, V. — Ce sont là les qualités des Péruviens ; il est regrettable que, par contraste, il faille exposer un cer- nombre de vices ou de défauts. On peut leur reprocher entre autres, surtout dans les villes éloignées, des mœurs administratives, religieuses, commerciales, politiques, qui chez nous, seraient entachées de vénalité et d’improbité ;