LE PÉROU ÉCONOMIQUE 67 la confiance des fidèles qui ne s’en portent pas plus mal. Ces coutumes, auxquelles on a vainement essayé de mettre fin, sont sanctionnées par le temps. Sur le littoral et dans les villes, les prêtres ont plus de discrétion et de dignité, tandis que chez les Quechuas, le relâchement de la règle est un usage établi contre lequel on ne peut réagir, leur pseudo-christianisme étant composé de fortes réminiscences païennes. Les combats de coqs et surtout les corridas de taureaux sont en grande faveur, non seulement à Lima, mais dans tout le Pérou. Chaque ville, chaque bourg même, possède sa Plaza de Hacho, généralement la place centrale de la localité, où des toréadors amateurs se livrent, au grand plaisir de tous, à leur sport favori. VIL — Lima possède son arène qui est une des plus grandes qui existent ; elle est à ciel ouvert et environnée de gradins qui peuvent contenir près de 10.000 personnes, et l’attrait dont jouissent ces corridas est si considérable que les tribunes se garnissent en un clin d’œil. Mais tandis qu’autrefois, comme en Espagne, ces courses étaient entourées d’une certaine splendeur et de tous les raffinements de l’adresse et de l’agilité, ce ne sont plus aujourd’hui que de pâles copies, l’arène de Lima ne pourrait être qualifiée que d’abattoir de carnaval, où les matadores ressemblent plutôt à des bouchers. 11 n’y a là qu’une lutte sans hardiesse entre des bêtes inoffensives et des hommes couverts de clinquants charlatanesques. Le cerro San Cristobal et les sommets lointains de la Cordillère occidentale que l’on aperçoit des tribunes, for ment à la Plaza de Hacho de Lima un décor incom parable. YII. — Lespeîeas de gallos (combats de coqs) sont plus qu’une distraction, mais une véritable passion chez les