68 LE PÉROU ÉCONOMIQUE Péruviens. A Lima, les casas de gallos (maisons de coqs), sont ouvertes plusieurs fois par semaine, quelques-unes mêmes ouvrent toutes les après-midi. La casa de gallo est toujours un cirque en miniature peint de couleurs claires. L’entrée coûte un franc. La foule animée des parieurs occupe les gradins ; toutes les catégories sociales, tous les types de race, blancs, noirs, Cholos, Indiens, sont confondus sur les mêmes bancs, exaltés, dominés par la même passion, l’amour du jeu. On échange les paris au milieu des cris bruyants, des courtiers inscrivent sur des carnets le chiffre de ces paris. Bientôt on introduit les combattants que l’on présente l’un à l’autre, puis on les arme d’espuelas (éperons) ou ergots d’acier acérés qui sont soigneusement ficelés aux ergots. Un inspecteur officiel s’assure que tout est fait sui vant les règles et que les chances sont égales pour les deux lutteurs. Puis, le silence s’établit, les deux champions mis en présence se tournent le dos, mais presque aussitôt, ils se rapprochent lentement en becquetant le sable de l’arène, ils s’observent pendant quelques secondes, tout à coup, ils s’élancent l’un sur l’autre, comme poussés par un même ressort, l’œil sanglant, la plume hérissée, se frappant du bec et de l’ergot, les plumes volent. Le com bat dure souvent une dizaine de minutes suivant la force et la science tactique des deux adversaires. Nous avons vu des coqs qui, rendus borgnes et blessés par plusieurs coups d’éperons, continuaient à se battre avec acharne ment. Quelquefois la lutte est courte et se termine par la mort d’un des adversaires atteint d’un maître coup d’éperon, ou la tête fendue d’un coup de bec ; parfois aussi, après un premier engagement, un des champions refuse le combat. La victoire appartient au survivant, ou à celui qui a blessé