70 LE PÉROU ÉCONOMIQUE Liméenne. Si la mante elle-même n’a pas été abandonnée, c’est que les coquettes Liméennes se rendent bien compte que ce châle leur sied à merveille et qu’aucun corsage de création européenne ne pourra les faire paraître plus élégantes. Quelques voyageurs qui n’ont fait à Lima que le séjour d’une courte escale, sont revenus désillusionnés, affirmant que la Liméenne ne mérite pas la réputation qui lui a été faite. Peu renseignés sur l’ethnographie péruvienne, et sur la diversité des types que l’on peut rencontrer dans les rues de Lima, ils confondent avec laLiméenne, d’origine espa gnole, les créoles, désignées en raison de leur teint abso lument blanc, les dudosas (douteuses) qui abominablement fardées et plâtrées déambulent dans les rues de la capitale du Pérou, s’efforçant, ce qui est leur plus haute ambition, de n’être pas prises pour des Péruviennes. Quoique le mé tissage ait donné fréquemment des résultats heureux en ce qui concerne les femmes, ce ne sont pas les dudosas qui peuvent être offertes comme des types de beauté. XI. — A ce sujet, la Chilienne emporte les préfé rences de ces voyageurs, car à Santiago, il n’y a pas de confusion possible, il n’existe qu’un seul type, produit des multiples croisements entre les premiers conquistadors et les Indiens Changos et Promacaues depuis long temps disparus. Quoique aussi très belle et d’allure noble et fière, la Chilienne froide et réservée, en raison de sa vie renfermée, patriarcale même, est peut-être moins vive, moins spirituelle et moins sympathique que la Liméenne. La raison de cette différence de caractère réside sans doute dans la différence d’origine; la première descend des Biscaïens et des Catalans qui vinrent au Chili pendant les premiers temps de la colonisation, la seconde est d’ori gine andalouse.