LE PÉROU ÉCONOMIQUE 71 XII. — A propos de la population, nous sommes naturellement amenés à parler des Chinois qui sont nom breux au Pérou (environ 55.000). Ils y furent introduits en 1850, pour être employés à l’extraction du guano des îles Chinchas. A cette époque et jusque vers 1890, ils furent à peu près traités (ou maltraités) comme des esclaves. Aujourd’hui, ils ne sont la propriété de personne, ils travaillent à la tâche et à la journée et leur salaire se règle d’après la loi de l’offre et de la demande. Quoique l’émigration chinoise se soit considérablement ralentie, des convois de quelques centaines de coolies, travailleurs libres, arrivent de temps à autre et sont immédiatement répartis sur la Costa. Les Chinois, derniers venus au Pérou, y ont trouvé une terre fertile, et, malgré les abus dont ils furent l’objet, et les souffrances du début, la plupart se sont fixés dans le pays sans espoir ni désir de retour. Fait remarquable, les Asiaticos, comme on les nomme, fixés au Pérou, ont tous fait le sacrifice de leur queue et de leur costume national et ont adopté le costume et une partie des coutumes des Cholos ; ils ont fait souche avec les femmes indigènes, un nouveau croisement qui n’a pas encore reçu de dénomination est venu compliquer une situation déjà passablement embrouillée. Contrairement à leurs compatriotes de Californie qui forment une véritable colonie chinoise à San-Francisco, les Chinois du Pérou se sont concentrés dans les villes de la Costa, où ils sont associés par sortes de confréries : patients, laborieux, économes, âpres au gain, quelques- uns se sont fait d’excellentes situations. XIII. — Les Chinois sont très recherchés pour la main- d’œuvre dans les travaux agricoles, dans les villes ils pratiquent tous les métiers. A Lima, le quartier qu’ils