72 LE PÉROU ÉCONOMIQUE fréquentent n’est pas exclusivement habité par eux, ils vivent côte à côte avec les blancs, les métis et les mulâtres. Quoi qu’on dise sur leur compte, nous ne conce vons pas très bien le mépris, la haine qu’ils inspirent à la masse ; c’est sans doute parce que, plus industrieux, faisant tous les métiers, ils sont recherchés par tous les patrons qui ont besoin d’une bonne main-d’œuvre. Nous n’éprouvons pour les Chinois aucune antipathie, au con traire, nous les avons toujours vus, généralement honnêtes et consciencieux ; ils se prêtent à toutes les besognes et, pourvu que l’on soit juste et bon à leur égard, ils sont susceptibles de dévouement. On ne saurait s’imaginer l’énergie et la résistance au plus dur travail de ces petits hommes. On en rencontre dans les rues de Lima et du Callao, chargés de fardeaux qu’aurait peine à soulever un blanc ou un noir d’appa rence plus robuste. Du lever au coucher du soleil, ils ne chôment que pour absorber leur maigre pitance qui se compose le plus souvent d’un peu de poisson et de riz mal cuit, le tout arrosé d’eau claire. Achetant de tout, trafiquant sur tout, ces hommes industrieux et tenaces sont parvenus à se tailler une petite place dans ce pays ou naguère ils ont débarqué comme esclaves. A Lima les magasins des Asiaticos sont aussi nombreux que les magasins de mode français ; ils font d’excellentes affaires et sont considérés comme des commerçants honnêtes. XIV. — Les Quechuas forment la race typique péru vienne. Comme nous l’avons dit, les Indiens de race pure fournissent plus de la moitié de la population ; la langue quechua, qui possède des conjugaisons très bien définies, est douce, sentimentale et poétique. Une autre race, celle des Aymaras, occupe, mais dans