74 LE PÉBOU ÉCONOMIQUE elles-mêmes ; cette mante est retenue sous le cou par une grosse épingle d’argent, affectant plus particulièrement la forme d’une cuillère. L’Indien de la Sierra forme une race extrêmement pro lifique; on est toujours surpris du nombre de mamans que l’on rencontre dans les plus petits villages. En outre les Quechuas ont conservé le respect des vieillards, et ils entourent de soins leurs malades femmes et enfants. L’Indien quechua de pure race est de caractère doux et pacifique, des plus soumis à toutes les autorités et en même temps aussi honnête qu’il est sale et indolent. Ces indigènes, plutôt sympathiques, vivent dans un état de misère matérielle et morale des plus profondes ; ils sont d’humeur taciturne et leur visage semble refléter une incu rable tristesse. Au moral, bons, serviables et doux entre eux, ils se battent parfois lorsqu’ils sont sous l’influence de l’alcool, mais sans que ces combats entraînent mort d’homme; les crimes commis par les indigènes sont rares. Lorsqu’un Indien part en voyage, tout le village l’ac compagne jusqu’à une certaine distance ; c’est l’occasion de libations sans nombre, ce qui est la raison d’être de toutes les réunions péruviennes ; mais dans cette mani festation, il existe quand même une preuve d’affection. Traités comme des bêtes de somme et courbés sous le joug d’une servitude abjecte durant toute la durée de la colonisation, les Quechuas virent leur sort s’améliorer quelque peu après que le Pérou eût conquis son indépen dance. Depuis cette époque, le terrible impôt de la mita., ou travail obligatoire dans les mines qui fit mourir des millions d’indiens, est aboli, ainsi que celui des réparti tions (repartimientos) ou achat obligatoire des principaux objets de consommation. Cependant, malgré les lois édic-