sa femme ; alors il se fait guide, arriero (muletier), rameur, berger, domestique. Où le Quechua est vraiment remar quable c’est comme porteur : la charge moyenne d’un homme est de trente à quarante kilos ; l’Indien, excellent marcheur, peut faire des étapes de quarante à cinquante kilomètres ; c’est là une qualité des plus appréciables dans des régions où les voies de communication font le plus sou vent défaut, et où il faut recourir au portage. L’Indien quechua n’apprécie l’argent que pour se pro curer l’alcool nécessaire pour s’enivrer pendant les fêtes nombreuses consacrées par la tradition, jointes à celles plus nombreuses encore du calendrier chrétien. Dans cès orgies favorisées par des prêtres cupides, métis igno rants, superstitieux et fanatiques, aux ordres desquels ils se soumettent aveuglément, les pauvres Quechuas dépen sent tout ce qu’ils peuvent posséder, en cohetes (pétards) et en liqueurs dont le padre est souvent le fournisseur. Intéressés à cet état de choses, ces curés avides aban donnent les Indiens à leur dégradation et laissent s’écou ler peu de jours entre chaque fête. L’indifférence de l’Indien quechua de race pure pour l’argent dont il n’a pas un besoin immédiat, est cause que le recrutement des travailleurs est assez difficile. Lu main-d’œuvre est plus facile à obtenir chez les Cholos et dans toute la gamme des métis et des mulâtres, qui ont plus ou moins d’aptitude pour le travail suivant qu’ils ont plus ou moins de sang européen dans les veines. En répandant un peu d’instruction parmi les populations indiennes de la Sierra, on obtiendrait sans aucun doute un résultat très appréciable. C’est là l’œuvre de l’avenir et le Pérou y trouvera sa récompense dans une excellente main-d’œuvre, car, fait remarquable, contrairement à ce qui se passe dans les Etats de l’Amérique du Nord où la