154 LE PÉROU ÉCONOMIQUE relativement humide le sol se couvre d’une sorte de pâtu rage qui est d’autant plus abondant que les collines sont plus hautes ; ces herbages sont plus rares lorsque l’année est exceptionnellement sèche ; le plus souvent ils couvrent d’un vert tapis toute la pente des collines où se nour rissent de nombreux troupeaux venus de la Sierra et des vallées adjacentes. Dans certains ravins de cette chaîne il y a de l’eau cou rante pendant quelques semaines, quand cesse la saison pluvieuse il reste des sources dont l’eau est employée pour arroser des oliveraies et des champs de luzerne. Les ter rains cultivés de cette partie des lomas ne dépassent guère 200 hectares. On pourrait cultiver beaucoup d’autres vallons en les arrosant à l’aide de pompes, mues par des moulins à vent, comme cela a été essayé avec succès dans une quebrada. entre Mollendo et la première station du chemin allant à Arequipa. Toutes les rivières ou torrents qui sillonnent la zone de la Costa roulent peu d’eau malgré leur largeur, pendant les mois de mai à décembre. En janvier, février, mars et avril, les eaux produites par les pluies qui tombent dans la Sierra les convertissent en cours d’eau des plus torren tueux, impossibles à franchir autrement que sur des ponts établis de loin en loin. IY. — Malgré son apparence aride la Costa est la région la plus peuplée du Pérou, en raison sans doute de son climat absolument uniforme, et aussi à cause du voisinage de l’océan. Du reste cette côte, qu’on dit inculte, peut être transformée en riches plantations de coton et de canne à sucre, comme l’exemple l’a maintes fois démontré dans des plaines nues et désolées, où il a suffi d’établir quelques barrages ou de faire quelques travaux d’irrigation. Sans