208 LE PÉROU ÉCONOMIQUE tible (taquia), il sert en outre comme bête de charge. Le commerce des hauts plateaux du Pérou a en effet des allures toutes particulières ; vu le manque de voies de communication et la longueur des trajets à parcourir, les transports de marchandises, grains, minéraux, se font à dos de mulet, d’âne et de llama ; ce dernier animal est le plus fréquemment employé parce qu’il est très docile et qu’il trouve partout à s’alimenter sans qu’il en coûte rien à son maître. Les meilleurs llamas peuvent porter jusqu’à 50 kilos, mais c’est le quintal péruvien (46 kilos) qui paraît être sa charge normale ; nous en avons vu se coucher et refuser de marcher parce que les ballots dont on les avait chargés paraissaient dépasser ce poids. Le llama marche lente ment, on est surpris de voir avec quelle lenteur, quelle hau taine indifférence cheminent ces animaux, qui s’arrêtent souvent pour brouter çà et là l’herbe pauvre de la mon tagne, Vyohu et à son défaut la paja brava (mauvaise herbe) qui leur suffit quand d’autres animaux périraient de faim à côté de cette même nourriture. Ils vont à raison de 4 kilomètres à peu près par heure, et peuvent faire sans s’arrêter des étapes de 20 à 22 kilomètres par jour (1). Les mules, au contraire, peuvent faire des étapes de 40 à 45 kilomètres, avec une charge par animal de 120 à 140 kilogrammes (2). Le pouvoir de transport du llama est donc six fois plus faible que celui de la mule. Cepen dant si l’on tient compte du prix peu élevé de l’animal, de la (1) Il y a à ce sujet un dicton du pays qui dit : que la llama marche 4 heures, fait 4 lieues (lieues de 20 au degré) par jour, et porte4 arrobas (11 kgr. 1/2). (2) Les négociants européens qui font des affaires avec les villes des hauts plateaux péruviens, ne devraient pas oublier qu’en vue du transport à dos de mule ou de llama, les ballots et les caisses qu’ils expédient ne doivent pas dépasser65 kilos ou 28 kilos, chaque animal, mule ou llama, portant deux de ces caisses.