LE PÉROU ÉCONOMIQUE 257 s’opère d’une façon plus régulière et plus rationnelle. Le seringueiros explore le terrain en partant du bord du fleuve ou d’une rivière quelconque, chaque arbre rencontré est relié au précédent par une trocha ou piste tracée à coups de machète. Une fois qu’il a trouvé un nombre d’arbres suffisant, il les réunit par un sentier définitif qui facilitera son exploitation. C’est là ce qui constitue l’unité d’exploitation d’arbres à caoutchouc appelé estrada.. Si les arbres sont réunis dans un espace relativement réduit, l’estrada se compose de 120 à 150 arbres, parfois même de 200 en terrains riches. Si au contraire, les arbres sont espacés, l’estrada sera réduite à 80 ou 100 arbres au plus. Le but poursuivi par cette division, est qu’un homme doit pouvoir travailler une estrada par jour. Un homme actif peut s’occuper de deux estrada de 100 à 120 arbres, et il nous paraît impos sible de faire plus malgré des affirmations contraires. Si on admet entre chaque arbre un écartement de 40 pas pour les régions riches, et de 50 à 60 pas pour les régions moyennes, on obtient des estradas de 4 à 6 kilomètres de tour suivant le nombre des arbres : l’exploitation sur une distance plus grande ne serait pas très rémunératrice. Toutes les estradas ont la forme ovale et sont tracées en zigzag,de façon à ce que l’entrée et la sortie partent d’un même point, qui est toujours la case du seringueiro et le «défumador. » La construction d’une case est une mince besogne. Quelques coups de hache ou de machète donnent du bois pour former les montants, des lianes souples comme des ficelles servent à attacher les traverses et maîtresses poutres. On fend ensuite les côtés d’un palmier quel conque, et on assemble ces divisions en lei\r laissant un certain écartement, puis on pose en travers de la toiture 17