LE PÉROU ÉCONOMIQUE 281 sants des Cordillères (fronterizos), chaque habitant, qu’il soit blanc ou métis, étranger ou Péruvien, possède, en plus de son habitation dans le village, un défrichement qu’il nomme sa chacra (chacara), pseudo-maison de cam pagne, d’où il tire tout ce qui est nécessaire à son exis tence. Dans ce défrichement qu’il augmente sans cesse s’il est actif, le fronterizo cultive le bananier, l’arbuste à coca, le caféier, etc. Sur l’espace gagné peu à peu sur la forêt, il plante à la houe ou avec un bout de bois des fruits ou des légumes qui viennent à maturité en trois mois, la canne à sucre en neuf ou dix mois, deux fois plus vite que sur la Costa, le bananier en dix mois, qui, ainsi que la patate, repousse de lui-même sans nécessiter d’autres soins que de le débarrasser de temps-en temps des herbes ou plantes parasites ; presque tous les autres produits donnent deux et trois récoltes par an. Cette fertilité pro digieuse du sol est la raison de l’attraction qu’opère cette région sur les habitants de la Sierra et sur ceux des fron tières; malgré les communications difficiles, là ils sont assurés d’avoir toujours, sans grand travail, la vie large et facile. De ce fait, que nous signalons toutes les difficultés avec lesquelles aura à lutter le colon dans la Montana, il ue s’ensuit pas que nous déconseillions de tenter l’exploi tation de ces régions, bien au contraire, car nous estimons <fue la voie ferrée, qui peu à peu s’avance de la côte, atteindra tôt ou tard ces riches contrées, et qu’en outre le problème de la navigation fluviale sera prochainement résolu d’une façon siitisfaisante. Il est donc du plus grand intérêt pour tous les capitalistes ou sociétés que séduiraient les ressources innombrables de la Montana, de s’assurer d ores et déjà des concessions, dans les territoires situés à proximité de la « voie centrale » ou sur les fleuves navi