336 LE PÉROU ÉCONOMIQUE de différentes mines, plantations, chemin de fer élec trique, etc. Pendant les années 1910 et 1911 la progres sion des capitaux fut beaucoup plus considérable. Cependant le record sous ce rapport appartient à l’an née 1907, au cours de laquelle on a fondé plus de quatre- vingts entreprises minières, agricoles et industrielles, dont l’ensemble représente un capital de 85 millions de soles. Parmi ces sociétés, la Inca Rubber Trading Cy et la Peruvian Mining, Smelting andRefining Cy, que nous avons déjà citées, se sont constituées aux Etats-Unis avec chacune un capital de dix millions de soles ; les compa gnies électriques associées qui viennent de fusionner dis posent d’un capital de près de 18 millions de soles. Les différentes sociétés chargées de la construction de divers travaux de routes et de voies ferrées, travail auquel elles ajoutent l’exploitation d’importantes concessions territo riales, disposent aussi de capitaux considérables. Pendant ces deux dernières années, l’industrie péru vienne, quoique encore dans l’enfance, s’est développée d’une façon assez satisfaisante; le nombre des moulins et des fabriques a augmenté de 7 à 8 pour 100 (1). Le Pérou possède actuellement soixante-douze moulins à sucre (ingenios) pourvus en général d’un matériel moderne et d’alambics pour la distillation de l’alcool, qui sont dispersés un peu partout sur le territoire péruvien; cependant, les plus importants se trouvent sur la Costa. Trois fabriques de chaussures à Lima. (1) L’installation de fabriques centrales, bien outillées, pour broyer la canne et extraire le sucre rendrait de réels services aux planteurs et serait une bonne affaire, car la réussite est absolument assurée. Ces moulins occupent dans les campagnes un espace très réduit. Ils broient, raffinent, distillent l’alcool et prélèvent pour ces différentes opérations 30 à 35 pour cent sur le produit brut ; ces ingenios ou moulins achètent aussi la canne au poids et travaillent pour leur compte.